En Guinée, le soutien au président de la Transition, Mamadi Doumbouya, prend une nouvelle ampleur à mesure que le calendrier électoral se précise. Le 21 avril, jour férié de lundi de Pâques, c’est la capitale, Conakry, qui a vu défiler les enseignants venus manifester leur attachement à celui qu’ils considèrent comme l’architecte d’une nouvelle Guinée.
La marche, organisée du pont 8-Novembre à l’esplanade du Palais du peuple, a rassemblé plusieurs centaines d’enseignants vêtus d’un t-shirt blanc à l’effigie du chef de l’État. La foule, rythmée par des slogans enthousiastes et une sono tonitruante, a écouté les discours du Premier ministre Bah Oury et du ministre de l’Éducation, venus vanter les « avancées structurelles » de la Transition.
Un soutien orchestré et symbolique
Après Kankan, Kindia et Boké, Conakry s’inscrit dans la série de mobilisations pro-Doumbouya, à l’initiative du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Cette démonstration de force intervient à cinq mois du référendum constitutionnel, prévu pour le 21 septembre 2025, étape cruciale vers de possibles élections générales.
Pour Abdoul Aziz, enseignant trentenaire, le choix est déjà fait : « Nous allons voter “oui”, parce que tout ce que le CNRD propose – même si tout n’est pas parfait – va dans le bon sens pour nous, la jeunesse guinéenne. »
Le discours de la continuité face aux critiques
Le Premier ministre Bah Oury a appelé à la stabilité politique : « Depuis le 5 septembre 2021, il y a une ligne claire : changer la Guinée en profondeur, ne plus retomber dans les errements du passé. » Il a également réaffirmé la volonté du président de faire de la réconciliation et de la sécurité les piliers d’une Guinée nouvelle.
Mais en parallèle de ces manifestations organisées, des voix s’élèvent. À la cathédrale Sainte-Marie de Conakry, lors de la messe pascale, l’archevêque Vincent Koulibaly a exhorté les autorités à garantir des élections « inclusives », alors que plusieurs partis politiques majeurs sont suspendus ou placés sous surveillance. Leurs leaders, pour certains, sont en exil.
Une transition scrutée de près
La prochaine manifestation de soutien au chef de la Transition est déjà annoncée pour ce week-end à Mamou, au centre-ouest du pays. Si l’agenda politique s’accélère, l’équation reste complexe : entre volonté de changement, légitimation du pouvoir par les urnes, et contestation silencieuse, la Guinée avance sur une ligne de crête.
La Rédaction

