Une vive controverse secoue la scène politique comorienne après les déclarations d’un ancien haut responsable de l’État affirmant que plusieurs ministres auraient dénoncé le fonctionnement de l’exécutif auprès du président Azali Assoumani. Si le gouvernement rejette catégoriquement ces accusations, l’affaire met en lumière les tensions qui entourent la gouvernance du pays et alimente le débat sur les équilibres du pouvoir.
Des accusations qui mettent l’exécutif sous pression
À l’origine de cette séquence politique figure Mahmoud Salim Hafi, ancien ministre et ancien secrétaire général adjoint du gouvernement, aujourd’hui membre de la majorité présidentielle.
Dans plusieurs interventions publiques, il affirme que quatorze des quinze ministres auraient adressé une lettre confidentielle au président Azali Assoumani afin de dénoncer les blocages qui entraveraient l’action gouvernementale. Selon lui, ces difficultés seraient liées au rôle du secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, fils du chef de l’État.
Ces déclarations ont rapidement suscité de nombreuses réactions et relancé les spéculations sur l’existence de tensions au sein du pouvoir.
Le gouvernement affiche un front uni
Face à cette polémique, l’exécutif a choisi une riposte inhabituelle.
Treize ministres se sont présentés ensemble devant la presse afin de démentir les accusations de Mahmoud Salim Hafi et de défendre la cohésion du gouvernement.
Le ministre de l’Environnement, Abubakar Ben Mahmoud, a notamment mis au défi l’ancien responsable de rendre publique la lettre qu’il affirme détenir.
Selon lui, les accusations portées contre le gouvernement relèvent de « mensonges » destinés à semer le doute au sein des institutions et à déstabiliser l’action de l’exécutif. Les autorités ont également indiqué qu’elles se réservaient la possibilité de saisir les instances compétentes si ces affirmations venaient à se poursuivre.
L’opposition y voit le symptôme d’une crise plus profonde
L’opposition livre une interprétation radicalement différente de cette séquence.
Pour Daoudou Abdallah Mohamed, président du parti Orange, la réaction collective des ministres traduirait au contraire l’existence d’un malaise au sommet de l’État.
Selon lui, les déclarations de Mahmoud Salim Hafi exprimeraient publiquement des interrogations qui existeraient déjà au sein de la majorité présidentielle. L’opposant estime que le fonctionnement des institutions est marqué par une forte concentration du pouvoir, au point que les principales décisions seraient prises par un cercle restreint autour de la présidence.
Une bataille de communication aux conséquences politiques
Au-delà des accusations elles-mêmes, cette affaire illustre la bataille de communication qui se joue actuellement entre les différents acteurs de la vie politique comorienne.
D’un côté, Mahmoud Salim Hafi maintient ses affirmations et soutient que les difficultés évoquées sont réelles. De l’autre, le gouvernement nie catégoriquement toute division interne et présente cette affaire comme une tentative de fragiliser les institutions.
En l’absence d’éléments permettant de confirmer l’existence de la lettre évoquée, les deux camps continuent de défendre des versions opposées des faits.
Cette controverse intervient dans un contexte où les questions de gouvernance, de transparence et d’équilibre des pouvoirs occupent une place croissante dans le débat politique comorien, faisant de cette affaire un nouvel épisode des tensions qui traversent la vie publique de l’archipel.
La Rédaction

