Une recherche récente conduite dans la région de Kigoma, en Tanzanie, révèle que l’adoption de méthodes intégrées pour améliorer la fertilité des sols pourrait considérablement augmenter les rendements du maïs, aliment de base vital en Afrique subsaharienne. Ce progrès pourrait aussi renforcer la sécurité alimentaire et les revenus des petits exploitants agricoles.
Le maïs, essentiel pour des millions de ménages, souffre encore d’une productivité bien en dessous de son potentiel, souvent inférieure à 1 tonne par hectare, alors que des rendements de 4 à 4,5 tonnes par hectare sont techniquement atteignables. Ce décalage s’explique notamment par des sols appauvris, acides et pauvres en matière organique, ainsi qu’un accès limité aux intrants adaptés.
L’étude, réalisée par le Centre international de recherche agroforestière (CIFOR-ICRAF) en collaboration avec l’Institut tanzanien de recherche agricole (TARI), a testé des combinaisons d’amendements organiques et minéraux, telles que la chaux, le fumier et les engrais NPK, en impliquant directement les agriculteurs grâce à une approche participative dénommée InPaC-S.
Les résultats obtenus dans quatre villages ont été très prometteurs : la combinaison chaux + engrais NPK a permis d’augmenter les rendements jusqu’à 149 % par rapport aux parcelles témoins, atteignant près de 6 tonnes par hectare. Cette méthode a aussi généré un revenu net presque quadruple, soulignant son intérêt économique malgré un investissement initial plus élevé.
En plus d’accroître la production, ces pratiques ont amélioré la santé du sol, en particulier en augmentant le pH et en renforçant la capacité d’échange cationique, ce qui favorise la disponibilité des nutriments essentiels. Le fumier a aussi contribué à enrichir les sols en potassium, un nutriment clé pour le développement des cultures.
Toutefois, les chercheurs notent que plusieurs obstacles freinent encore la généralisation de ces méthodes : manque de sensibilisation, accès restreint aux intrants de qualité et insuffisance des services d’appui technique. Ils insistent sur la nécessité de renforcer la formation des agriculteurs et de promouvoir des solutions adaptées à chaque contexte local.
Face à la dégradation croissante des terres et aux incertitudes climatiques, la gestion intégrée de la fertilité des sols apparaît comme une piste durable et rentable pour améliorer la productivité agricole en Afrique subsaharienne. Sa diffusion à grande échelle pourrait ainsi contribuer à assurer la sécurité alimentaire et à améliorer les conditions de vie des communautés rurales.
La Rédaction

