Le parlement kenyan a voté pour la destitution du vice-président Rigathi Gachagua après une longue journée de débats ce mardi 08 octobre 2024. Accusée de corruption, et d’avoir soutenu les manifestations antigouvernementales du juin. Il est en conflit ouvert avec le président de la République. La motion de destitution du vice-président sera soumise au Sénat.
281 députés sur 349 ont approuvé la motion, soit plus de deux tiers requis, il y a eu 44 voix qui sont contre cette décision et une abstention. Cette motion doit être débattue et votée au Sénat où deux tiers des voix, soit 45 voix seront nécessaires pour qu’elle soit approuvée.
Durant près de deux heures, le vice-président Rigathi s’est défendu face aux accusations portées à son égard. Il a rejeté les accusations à son encontre, qu’il qualifie de ‘’pure propagande’’ et de ‘’complot visant à le chasser du pouvoir en raison d’autres considérations politiques’’. Il souligne que les accusations du député Kibwezi Mwengi Mutuse étaient infondées, « Je me tiens ici aujourd’hui pour me défendre, et je m’excuse auprès de mon défunt frère de devoir partager son testament privé. Les biens qu’il a acquis à force de travail acharné, destinés à soutenir sa famille, sont désormais injustement considérés comme le produit de la corruption’’ a retorqué le vice-président Kenyan lors de son audition.
Ces accusations ont été déposées contre lui, il y a une semaine par le député de la coalition présidentielle Kibwezi Mwengi Mutuse. Les chefs d’accusations sont au nombre de onze sur la liste de destitution dont ceux ‘’d’atteinte à l’unité nationale’’, ‘’ d’insubordination’’ envers le président ainsi que de nombreuses suspicions de ‘’crimes économiques’’ (détournements de fonds publics, conflits d’intérêts, abus de pouvoir…). Elle affirme notamment ‘’qu’au cours des deux dernières années, il a accumulé de manière inexplicable un portefeuille immobilier colossal estimé à 5,2 milliards de shillings (environ 36 millions d’euros), provenant principalement de produits présumés de la corruption et du blanchiment d’argent ‘’.
Le vice-président a exclu toute possibilité de démissionner, promettant une bataille judiciaire si nécessaire : ‘’Je me battrai jusqu’au bout (…) Je n’ai aucun doute que j’obtiendrai justice et que cette procédure de destitution sera annulée’’.
La Rédaction

