L’Union européenne vient de dévoiler la mise à jour de sa liste noire des compagnies aériennes bannies de son espace aérien. Sur les 129 transporteurs concernés, plus de 40 % sont basés en Afrique, reflétant de sérieux défis en matière de sécurité aérienne sur le continent. Parmi les 15 pays dont toutes les compagnies sont interdites, 11 sont africains.
Des critères stricts pour garantir la sécurité
Cette liste, redoutée par les transporteurs du monde entier, est justifiée par la priorité absolue accordée à la sécurité des passagers européens. Deux principales raisons conduisent à l’interdiction : l’insuffisance de la surveillance par les autorités nationales de l’aviation civile et les manquements graves constatés au sein des compagnies elles-mêmes.
Dans cette nouvelle édition, des transporteurs de 11 pays africains figurent intégralement sur la liste noire, parmi lesquels :
•Angola (sauf la compagnie nationale TAAG)
•République du Congo
•RD Congo
•Djibouti
•Guinée équatoriale
•Érythrée
•Libéria
•Libye
•Sao Tomé-et-Principe
•Sierra Leone
•Soudan
En dehors de ces pays, 22 autres compagnies, réparties dans le monde, sont également inscrites pour des manquements graves.
La Tanzanie et le choc d’une exclusion
Une surprise majeure de cette mise à jour est l’apparition d’Air Tanzania, transporteur national tanzanien. Disposant d’une flotte moderne comprenant des Boeing Dreamliner et des Airbus A220-300, la compagnie a pourtant été jugée non conforme aux normes européennes. Selon Apostolos Tzitzikosta, commissaire européen au Transport durable, cette inclusion illustre « l’engagement de l’Union européenne à maintenir les standards de sécurité les plus rigoureux ».
L’Union européenne a également encouragé Air Tanzania à corriger rapidement ses lacunes, faute de quoi elle risque d’être exclue des circuits touristiques européens, un coup dur pour un pays dont le tourisme constitue un pilier économique.
Une liste qui reflète des défis structurels
Dans certains cas, l’interdiction touche des pays dépourvus d’organismes de régulation fiables, comme le Libéria et la Sierra Leone, où aucun transporteur certifié n’existe. D’autres pays, comme la Libye et la RD Congo, subissent les répercussions de conflits internes et de crises institutionnelles, compliquant la mise en place de contrôles rigoureux.
La liste suivante illustre la répartition des compagnies africaines bannies :
Pays : Tanzanie
•Compagnie(s) interdites : Air Tanzania
Pays : Zimbabwe
•Compagnie(s) interdites : Air Zimbabwe
Pays : Angola
•Compagnie(s) interdites : Aerojet, Guicango, Air Jet, Bestfly Aircraft Management, Heliang, SJL, Sonair
Pays : République du Congo
•Compagnie(s) interdites : Canadian Airways Congo, Equaflight Services, Equajet, Trans Air Congo, Société Nouvelle Air Congo
Pays : RD Congo
•Compagnie(s) interdites : AB Business, Air Fast Congo, Air Kasai, Air Katanga, Busy Bee Congo, Compagnie Africaine d’Aviation, Congo Airways, Goma Express, Kin Avia, Malu Aviation, Serve Air Cargo, Swala Aviation, Tracep Congo Aviation
Pays : Djibouti
•Compagnie(s) interdites : Daallo Airlines
Pays : Guinée équatoriale
•Compagnie(s) interdites : Ceiba Intercontinental, Cronos Airlines
Pays : Érythrée
•Compagnie(s) interdites : Eritrean Airlines, Nasair Eritrea
Pays : Libéria
•Compagnie(s) interdites : Tous les transporteurs certifiés par les autorités du Libéria
Pays : Libye
•Compagnie(s) interdites : Afriqiyah Airways, Air Libya, Al Maha Aviation, Berniq Airways, Buraq Air, Global Air Transport, Hala Airlines, Libyan Airlines, Libyan Wings Airlines, Petro Air
Pays : Sao Tomé-et-Principe
•Compagnie(s) interdites : STP Airways
Pays : Sierra Leone
•Compagnie(s) interdites : Tous les transporteurs certifiés par les autorités de Sierra Leone
Pays : Soudan
•Compagnie(s) interdites : Alfa Airlines SD, Badr Airlines, Blue Bird Aviation, Eldinder Aviation, Green Flag Aviation, Helejetic Air, Kata Air Transport, Kush Aviation Co, Nova Airways, Sudan Airways Co, Sun Air, Tarco Air
Un soutien technique pour inverser la tendance
Pour accompagner les compagnies exclues, la Commission européenne propose une assistance technique, comme cela a été suggéré pour Air Tanzania. Cependant, la réintégration dépend souvent de réformes structurelles coûteuses et d’un engagement ferme de la part des autorités nationales.
Si certaines compagnies peuvent continuer à desservir l’Europe via des avions loués à d’autres opérateurs, cette alternative reste insuffisante pour compenser les pertes financières et l’atteinte à leur réputation.
Un défi pour l’aviation africaine
Sur les 129 compagnies figurant sur cette liste noire, 55 sont africaines. Ce chiffre, bien qu’alarmant, révèle surtout les défis structurels auxquels fait face l’aviation sur le continent, qu’il s’agisse du manque d’investissements, des crises politiques ou encore des normes de régulation inégales.
La situation, bien que préoccupante, peut aussi être vue comme une opportunité pour réévaluer les priorités, renforcer les infrastructures et restaurer la confiance dans les cieux africains.
La Rédaction

