La Coupe d’Afrique des nations 2025 a livré son verdict dans une atmosphère lourde et électrique. À Rabat, devant un stade Moulay Abdellah plein à craquer, le Sénégal a remporté une finale irrespirable face au Maroc (1-0 après prolongations). Une rencontre de prestige entre le pays hôte et l’une des sélections les plus régulières du continent, mais marquée par des décisions arbitrales contestées, des violences en tribunes et un dénouement dramatique.
Une finale engagée dès les premières minutes
L’affiche promettait un choc continental. D’un côté, le Maroc porté par son public, de l’autre, le Sénégal, solide et expérimenté. Les deux sélectionneurs alignaient leurs équipes types, avec toutefois un ajustement côté sénégalais : malade, Krépin Diatta laissait sa place à Antoine Mendy sur le flanc droit.
Le match démarrait sur un rythme élevé. Très vite, les Lions de la Teranga se montraient dangereux. Sur un corner de Lamine Camara, Pape Gueye surgissait au second poteau, mais Yassine Bounou repoussait brillamment. Le Maroc répondait par séquences, notamment avec Abde Ezzalzouli, actif sur son couloir, sans réellement mettre en difficulté la défense adverse.
La plus grosse occasion de la première période revenait au Sénégal : parfaitement servi, Ndiaye se retrouvait seul face à Bounou, mais le gardien marocain remportait son duel à la 38e minute.
Le Maroc pousse, le Sénégal résiste
Au retour des vestiaires, les Lions de l’Atlas tentaient de confisquer le ballon. Le jeu se rééquilibrait, et le Maroc passait tout près de l’ouverture du score. Sur une passe lumineuse d’El Khannouss, Youssef En-Nesyri se présentait seul mais manquait totalement le cadre. Quelques minutes plus tard, Abde enroulait une frappe qui frôlait le poteau.
Ces occasions faisaient vaciller un Sénégal parfois fébrile mais toujours discipliné. La tension montait progressivement dans les tribunes comme sur le terrain.
En fin de temps réglementaire, les Sénégalais pensaient faire la différence, mais un but était annulé pour une faute préalable sur Achraf Hakimi. La finale basculait alors dans un climat d’extrême nervosité.
VAR, penalty et scènes de chaos
Dans les ultimes secondes, sur un corner marocain, Brahim Díaz s’effondrait dans la surface après un contact avec Diouf. L’arbitre consultait le VAR et désignait le point de penalty. La décision déclenchait une tempête : contestations des joueurs sénégalais, envahissement partiel du terrain, heurts en tribunes et projectiles lancés.
Le match était interrompu de longues minutes tandis que la sécurité tentait de rétablir l’ordre. Des stadiers étaient évacués, et l’atmosphère devenait irrespirable.
Après plus de vingt minutes d’arrêt, Brahim Díaz se présentait enfin face à Mendy. L’attaquant tentait une panenka, mais le gardien sénégalais restait debout et captait le ballon. Une action symbolique dans une finale déjà hors normes.
Prolongations et délivrance sénégalaise
La rencontre reprenait dans une ambiance pesante. Mentalement plus solides, les Sénégalais profitaient de l’usure marocaine. À la 108e minute, Pape Gueye armait une frappe puissante depuis l’extérieur de la surface et envoyait le ballon dans la lucarne de Bounou. Le Sénégal tenait enfin sa délivrance.
Le sort s’acharnait sur le Maroc : Hamza Igamane, tout juste entré, se blessait, laissant son équipe à dix, tous les changements ayant été effectués. Malgré plusieurs tentatives dans les dernières minutes, Mendy multipliait les arrêts décisifs.
Dans un climat toujours tendu, l’arbitre sifflait la fin. Le Sénégal décrochait sa deuxième étoile continentale au terme d’une finale aussi intense que controversée.
Une victoire historique, une finale qui laissera des traces
Plus qu’un simple succès sportif, cette finale restera comme l’une des plus tourmentées de l’histoire récente de la CAN. Le Sénégal confirme son statut de puissance africaine, tandis que le Maroc, pourtant maître du jeu par séquences, sort meurtri d’un scénario qu’il aura longtemps du mal à digérer.
Entre football de haut niveau, décisions arbitrales sensibles et débordements, la CAN 2025 s’achève sur une page aussi glorieuse pour Dakar que douloureuse pour Rabat.
La Rédaction

