Depuis le 5 décembre 2025, le Burundi fait face à un afflux massif de réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo (RDC) et au retour de Burundais rapatriés, mettant une pression insoutenable sur les services de santé et les infrastructures humanitaires, en particulier dans l’est du pays. Selon l’UNICEF, plus de 100 000 personnes ont franchi la frontière en moins d’un mois, concentrant la majorité d’entre elles dans le camp de Busuma, en commune Ruyigi, province de Buhumuza.
Saturation des services de santé à Busuma
À Busuma, une clinique mobile unique assure entre 1 500 et 2 000 consultations par jour, principalement pour le paludisme et la diarrhée aqueuse aiguë. L’UNICEF alerte sur des capacités limitées en diagnostic, hospitalisation et orientation vers des structures spécialisées, alors qu’une épidémie de choléra sévit toujours dans la région. Le dernier bilan, du 29 décembre 2025, faisait état de 26 nouveaux cas, dont 12 sur le site de Busuma. Face à cette situation, l’agence onusienne a déployé quatre tentes pour le traitement du choléra et 7 500 doses d’antibiotiques, mais les besoins restent énormes : renforcement des cliniques mobiles, fournitures médicales, services d’ambulance et surveillance accrue des maladies.
Crise d’eau et risques sanitaires
L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est extrêmement limité. À Busuma, chaque personne dispose en moyenne de 1,6 litre d’eau par jour, très en deçà des normes humanitaires. La combinaison d’installations sanitaires insuffisantes et de la défécation en plein air augmente fortement le risque de maladies hydriques. Les priorités immédiates incluent l’augmentation de la production et du stockage d’eau, la construction de latrines, ainsi que la distribution de savon et de kits d’hygiène.
Une situation humanitaire déjà tendue
Outre les réfugiés congolais, plus de 10 000 Burundais rapatriés arrivent également, accentuant la pression sur les camps. Le site de Busuma héberge désormais plus de 67 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, dépassant largement ses capacités. L’UNICEF souligne que le froid intense, l’insuffisance d’abris et le manque de vêtements chauds augmentent les risques d’hypothermie, d’infections respiratoires, de malnutrition et de vulnérabilité, surtout pour les enfants, femmes enceintes et personnes âgées. Les admissions pour malnutrition aiguë sévère sont en hausse, tandis que les fournitures pour la malnutrition modérée restent insuffisantes.
Contexte aggravant
Cette urgence humanitaire survient dans un contexte déjà tendu : en février 2025, plus de 36 000 réfugiés étaient arrivés, et le retour prévu de plus de 100 000 Burundais de Tanzanie, combiné aux inondations récentes, pèse lourdement sur les communautés d’accueil et les services de base. L’afflux quotidien de nouveaux arrivants le long du lac Tanganyika, à raison d’environ 100 personnes par jour, continue de mettre à rude épreuve le système humanitaire du pays.
Le Burundi se retrouve ainsi confronté à une crise humanitaire sans précédent, nécessitant un renforcement urgent des services de santé, des infrastructures de base et des aides alimentaires pour protéger les populations les plus vulnérables.
La Rédaction

