Le Burundi traverse actuellement une crise sévère de carburant, marquée par un effondrement des importations légales et une pénurie quasi totale dans le pays. Les stations-service affichent des panneaux « No Fuel » et les pompes restent vides, provoquant des files de véhicules qui s’étendent sur plusieurs kilomètres. Dans certaines zones, les automobilistes peuvent attendre jusqu’à trois semaines pour faire le plein.
Cette pénurie a entraîné l’essor d’un marché noir transfrontalier. Le carburant est principalement introduit depuis la République démocratique du Congo, via des passages dangereux comme le Ruzizi. Les personnes impliquées dans ce commerce illégal s’exposent à des risques multiples : affrontements avec les forces de sécurité, arrestations pouvant aller jusqu’à deux ans de prison, et dangers naturels tels que les crocodiles présents dans certaines rivières frontalières.
Des incidents violents ont été rapportés, notamment dans la province de Cibitoke, où des échanges de tirs entre contrebandiers et forces de sécurité ont causé plusieurs blessés. Le marché noir reste néanmoins actif, en partie à cause de l’incapacité du gouvernement à fournir suffisamment de carburant pour répondre à la demande nationale.
Cette situation souligne les tensions entre la répression étatique et la survie économique des citoyens. Même certains agents chargés de faire respecter la loi se fournissent sur le marché noir, illustrant l’ampleur de la pénurie et les difficultés persistantes pour sécuriser l’approvisionnement en carburant dans le pays.
La Rédaction

