Une politique de souveraineté qui s’étend aux acteurs humanitaires internationauxAu Burkina Faso, le gouvernement de transition poursuit le durcissement de ses relations avec les organisations étrangères. En juin 2025, six structures internationales ont vu leur présence remise en question : quatre ont été interdites d’activité et deux autres temporairement suspendues, selon une série d’arrêtés officiels.Retrait d’autorisation pour quatre ONGLes ONG concernées sont accusées de ne pas avoir signé la convention d’établissement obligatoire, un document exigé par les autorités pour exercer légalement dans le pays. Il s’agit de la Coalition internationale des chrétiens hommes, femmes d’affaires et décideurs (CICHFD), de l’Associazione Don Bartolomeo Del Gaudio pro Africa ETS, de Dignity – Institut danois contre la torture, et de l’Alliance pour une mine responsable – Europe (ARM Europe). Les arrêtés ont été signés le 16 juin par le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo.Deux associations suspendues pour trois moisLa Communauté de Sant’Egidio, active depuis 2019, a été suspendue pour collecte et hébergement à l’étranger de données personnelles sans autorisation, selon un arrêté du 25 juin. L’organisation suédoise Diakonia, présente depuis 2015 pour soutenir la société civile, est également suspendue pour trois mois. Le texte officiel daté du 4 juin ne précise pas les motifs de cette décision.Une stratégie gouvernementale de recentrageLes autorités burkinabè, arrivées au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, affirment faire de la souveraineté nationale leur priorité. Cette orientation se traduit par une méfiance grandissante à l’égard de certains partenaires étrangers. Ces derniers mois, plusieurs médias ont été fermés, des diplomates expulsés, et des représentants d’ONG ou de la société civile inquiétés. Le contexte sécuritaire, marqué par plus d’une décennie d’attaques jihadistes, sert souvent de justification à ces mesures.
La Rédaction

