Un rapport de Human Rights Watch décrit une guerre multidirectionnelle où les civils sont pris entre groupes jihadistes et forces pro-gouvernementales.
Un bilan humain qui confirme l’enlisement du conflit
Le Burkina Faso reste englué dans une crise sécuritaire majeure. Dans un rapport publié le 2 avril 2026, Human Rights Watch (HRW) estime que plus de 1 800 civils ont été tués entre 2023 et 2025 dans un conflit impliquant plusieurs acteurs armés.
Intitulé « Personne ne pourra s’échapper », le document décrit une situation où les populations civiles sont exposées à des violences venant à la fois des groupes jihadistes et des forces liées à l’État.
Une multiplication des acteurs armés
Les exactions documentées concernent les groupes jihadistes affiliés au Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), mais aussi les forces armées burkinabè et leurs supplétifs.
Parmi ces derniers figurent les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), mobilisés dans la lutte contre les groupes armés.
Selon HRW, les opérations militaires et les représailles auraient parfois ciblé des villages soupçonnés de soutien aux jihadistes, alimentant un cycle de violences contre les civils.
Accusations de ciblage communautaire
Le rapport évoque également des accusations de violences visant certaines communautés, notamment peules. HRW fait état de témoignages décrivant exécutions sommaires, disparitions forcées et attaques lors d’opérations de sécurité.
L’organisation estime que certains faits pourraient relever de violations graves du droit international humanitaire, voire de persécutions systématiques dans certains cas documentés.
Le cas de Solenzo
Parmi les épisodes cités figure une opération survenue en mars 2025 à Solenzo, dans l’ouest du pays. Des civils y auraient été tués lors d’une intervention conjointe de l’armée et des VDP.
Des survivants décrivent des tirs indiscriminés ayant touché hommes, femmes et enfants, illustrant la vulnérabilité extrême des populations rurales dans les zones de conflit.
Une justice jugée insuffisante
HRW souligne les obstacles majeurs à l’accès à la justice : peur des représailles, absence de mécanismes indépendants et méfiance envers les institutions.
L’ONG appelle à des enquêtes internationales indépendantes et évoque la possibilité d’une saisine de la Cour pénale internationale (CPI) pour examiner les responsabilités de l’ensemble des acteurs impliqués.
Une crise aux responsabilités multiples
Le rapport insiste sur une responsabilité partagée dans la dynamique de violence : groupes jihadistes, forces armées et VDP sont tous cités dans les violations documentées.
Dans ce contexte, les civils apparaissent comme les principales victimes d’un conflit devenu profondément asymétrique et fragmenté.
La Rédaction
Source
Human Rights Watch – rapport « Personne ne pourra s’échapper » (2026)

