À la veille de la COP17, les données régionales disponibles situent la couverture des aires protégées en Afrique à 15,5 % des terres et eaux intérieures et à 17,19 % des espaces marins et côtiers. Ces chiffres mesurent des surfaces recensées, mais ne suffisent pas à dire si elles protègent effectivement la biodiversité. Le premier bilan mondial du Cadre de Kunming-Montréal met en évidence un double enjeu : étendre la protection et mieux suivre ses résultats.
Une cible qui va au-delà des superficies
La cible 3 du Cadre mondial de la biodiversité prévoit de conserver au moins 30 % des terres et eaux intérieures, ainsi que des zones côtières et marines, d’ici à 2030. Elle demande aussi que les espaces protégés soient représentatifs des écosystèmes, bien reliés, efficacement gérés et gouvernés de façon équitable. La cible 2, qui porte sur la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés, constitue un engagement distinct.
L’Afrique reste sous le seuil fixé
Le profil régional d’octobre 2026 de Protected Planet recense en Afrique une couverture de 15,5 % des terres et eaux intérieures et de 17,19 % des zones marines et côtières. Les taux sont donc inférieurs à l’objectif de 30 % dans les deux milieux. Le profil dénombre également 8 931 aires protégées; 1 223 sont signalées comme ayant fait l’objet d’évaluations de l’efficacité de gestion. Ce décompte ne précise pas si les évaluations concluent à une gestion efficace.
Mesurer la protection réelle
La superficie protégée ne renseigne pas, à elle seule, sur la qualité de la conservation. La connectivité entre les espaces, la représentation des habitats importants et la participation des communautés comptent aussi. Or le suivi de ces dimensions reste incomplet : le bilan de référence de Protected Planet relevait notamment des lacunes mondiales dans les évaluations de la gestion et de la gouvernance.
La COP17 face au défi de l’exécution
Publié le 15 octobre, le premier bilan mondial du Cadre indique que près de 90 % des pays ont fixé des objectifs nationaux, mais que moins de la moitié des cibles nationales évaluées sont considérées comme en bonne voie. Le rapport estime aussi que les engagements actuels restent insuffisants pour atteindre la cible 3. Il revient désormais aux gouvernements réunis à Erevan de préciser comment accélérer l’action et améliorer le suivi.
La Rédaction

