Depuis Bruxelles, Jan Haemers veut éliminer les « polluants éternels » avec une méthode radicale de traitement des sols par oxydation.
Dans un ancien garage automobile de Neder-over-Heembeek, à la lisière de Bruxelles, une petite révolution technologique est en marche. À la tête de Haemers Technologies, Jan Haemers, ingénieur belge aux multiples casquettes — géologue, hydrologue et expert en thermique des sols — affirme avoir mis au point une solution capable de détruire totalement les PFAS, ces substances per- et polyfluoroalkylées omniprésentes et quasi indestructibles.
Récemment, il a présenté sa technologie à la presse. Sa promesse ? Mettre fin à la pollution par les PFAS, sans résidus, ni sous-produits. Pour cela, il mise sur une technique d’oxydation thermique in situ, capable de chauffer le sol à haute température pour provoquer la dégradation complète des composés toxiques.
Une première mondiale testée au Danemark
Le procédé a déjà été expérimenté sur un chantier pilote à Korsør, au Danemark. Des conteneurs spécifiques chauffent le sol contaminé, enclenchant une réaction thermique maîtrisée qui détruit les molécules de PFAS à leur source. Contrairement à d’autres méthodes, qui déplacent ou diluent les polluants, celle-ci ambitionne de les faire disparaître définitivement, un enjeu majeur face à l’ampleur de la contamination mondiale.
Une équipe cosmopolite pour un défi global
Avec 70 collaborateurs dont deux tiers d’ingénieurs venus de 20 pays, Haemers Technologies se prépare à une phase d’expansion rapide. « Ce que nous faisons ici peut changer la donne à l’échelle mondiale », assure Jan Haemers, conscient des attentes suscitées dans un contexte où la pollution aux PFAS est devenue un problème sanitaire et environnemental majeur.
La Belgique, comme de nombreux pays européens, est confrontée à des milliers de sites contaminés. Si la technologie tient ses promesses, elle pourrait devenir un outil clé pour les autorités publiques et les industriels à la recherche de solutions durables.
La Rédaction

