L’Assemblée générale des Nations unies s’ouvre ce lundi dans un contexte diplomatique inédit : plusieurs pays occidentaux — dont la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie — ont annoncé la reconnaissance officielle de l’État de Palestine. Une décision qualifiée d’« historique » par Ramallah, mais décrite comme « une provocation » par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui promet une riposte.
Une dynamique qui s’accélère
En quelques jours, les annonces se sont multipliées. Aux côtés de la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, figurent également le Portugal, le Luxembourg, Malte, Saint-Marin et Andorre. La Belgique a, de son côté, laissé entendre qu’elle pourrait suivre dans les prochaines semaines.
Désormais, 147 pays sur 193 membres de l’ONU reconnaissent officiellement la Palestine comme État, un chiffre jamais atteint depuis la proclamation d’indépendance palestinienne en 1988.
Le cadre onusien
Le 12 septembre, l’Assemblée générale a adopté une résolution largement soutenue — 142 voix pour — qui réaffirme la solution à deux États et demande des « mesures concrètes » pour en garantir l’application.
La Palestine conserve pour l’instant le statut d’observateur non-membre, mais ces reconnaissances renforcent son poids diplomatique et politique, même si un siège à part entière au Conseil de sécurité reste bloqué par le veto américain.
Netanyahu hausse le ton
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé un « absurde encouragement au terrorisme », affirmant qu’Israël « ne commettra pas le suicide pour satisfaire aux calculs politiques de certains gouvernements ».
Il promet une contre-offensive diplomatique « dans les prochains jours » et appelle ses alliés à « barrer la route à cette mascarade ».
Les soutiens et les réserves
À Paris, Emmanuel Macron a insisté sur la reconnaissance d’un « État palestinien viable, démocratique et démilitarisé ». Pour Ottawa, Londres ou Canberra, ce geste vise à sauver une solution diplomatique menacée par la guerre à Gaza et par l’impasse des négociations.
À Washington et à Tel-Aviv, au contraire, on juge que ces reconnaissances unilatérales risquent de compliquer toute reprise du dialogue et de figer davantage le conflit.
Entre symbole et réalité
Ces gestes diplomatiques traduisent une lassitude croissante face au statu quo meurtrier et à un processus de paix enlisé depuis plus d’une décennie.
Mais ils ne règlent pas les questions de fond : frontières définitives, statut de Jérusalem, sécurité d’Israël, retour des réfugiés palestiniens.
La reconnaissance, aussi massive soit-elle, ne remplacera pas une négociation directe. Elle place toutefois la Palestine dans une position diplomatique renforcée à l’ONU, tandis que la pression monte sur Israël et ses alliés.
La Rédaction

