Au Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Bassar, une opération de collecte de sang a été conduite en partenariat avec le Centre régional de transfusion sanguine (CRTS), avec pour objectif de renforcer les stocks disponibles dans les structures sanitaires de la région.
Derrière cette initiative ponctuelle se dessine toutefois une réalité plus profonde : la fragilité persistante du système national de transfusion sanguine, régulièrement exposé à des tensions d’approvisionnement.
Un dispositif encore dépendant de l’urgence
Au Togo, l’approvisionnement en produits sanguins repose encore largement sur des campagnes ponctuelles de mobilisation. Cette configuration, centrée sur des interventions ciblées plutôt que sur un flux régulier de donneurs, rend les hôpitaux particulièrement vulnérables aux ruptures de stock.
Les standards internationaux recommandent pourtant un système fondé sur le don volontaire, régulier et non rémunéré, garant d’une meilleure stabilité des réserves et d’une réponse plus efficace aux urgences médicales.
Une pression constante sur les structures sanitaires
Dans les faits, les établissements de santé fonctionnent souvent dans une logique de gestion sous contrainte. Lorsque les réserves diminuent, des appels urgents sont lancés afin d’éviter des situations critiques, notamment dans les services de maternité, de chirurgie ou de prise en charge des accidents.
Cette organisation en flux tendu transforme la disponibilité du sang en variable instable du système de soins, avec des conséquences directes sur la continuité de la prise en charge.
Le défi de la transformation des comportements
Au-delà des campagnes de sensibilisation, la question centrale reste celle de l’ancrage durable du don volontaire dans les pratiques sociales. Sans une évolution structurelle des comportements, les campagnes comme celle de Bassar continueront de jouer un rôle de régulation temporaire plutôt que de solution durable.
La Rédaction

