Restaurer les écosystèmes, renforcer les savoirs autochtones et créer des emplois durables
Lancé en 2021, le Amazon Biosphere Reserves Project est devenu en 2025 l’un des piliers régionaux de la lutte contre la déforestation et la marginalisation des peuples autochtones en Amazonie. Porté par une coalition d’agences multilatérales, d’organisations indigènes et de centres de recherche, le projet affiche aujourd’hui des résultats visibles : régénération active de plus de 150 000 hectares de forêts, sécurisation foncière de dizaines de territoires autochtones, et structuration de plus de 80 filières de production durable réparties entre le Brésil, le Pérou, l’Équateur et la Colombie. La démarche reste fondée sur la combinaison de la science écologique et des savoirs autochtones, au service d’une transition fondée sur l’équilibre entre environnement, culture et économie locale.
Une réponse à la crise écologique et sociale en Amazonie
La dégradation des forêts amazoniennes ne faiblit pas, avec des menaces qui se sont diversifiées : intensification de l’extractivisme illégal, incendies amplifiés par les sécheresses, et pressions accrues sur les terres autochtones. Face à ces défis, le projet a renforcé en 2024-2025 son approche systémique : il s’agit désormais non seulement de protéger les zones clés de biodiversité, mais aussi d’assurer la stabilité des moyens de subsistance et l’autonomie politique des communautés. Les réserves de biosphère sont devenues des zones-pilotes d’intervention intégrée, où se conjuguent conservation, inclusion sociale et innovation économique. Le projet a par exemple appuyé la création de corridors écologiques transfrontaliers et l’établissement de mécanismes de gouvernance participative à l’échelle des bassins hydrographiques.
Science et traditions au service de la forêt vivante
En 2025, plus de 130 communautés bénéficient directement d’initiatives co-construites à partir de leur expertise écologique traditionnelle. Des écoles forestières communautaires ont été créées dans cinq pays pour transmettre les savoirs autochtones aux jeunes générations, tout en les connectant aux outils modernes de gestion durable. Les connaissances locales sur les cycles des plantes médicinales, la pollinisation ou la restauration des sols sont intégrées dans des programmes de recherche menés en partenariat avec des universités amazoniennes et européennes. Le projet soutient aussi l’usage des technologies numériques pour cartographier les territoires et alerter sur les menaces environnementales, tout en respectant les principes de souveraineté des données autochtones.
Une économie locale durable et résiliente
L’un des acquis majeurs du projet réside dans l’essor d’une économie verte enracinée localement. Plus de 1 000 emplois ont été créés dans des coopératives agroécologiques, des structures d’écotourisme communautaire ou des ateliers de transformation de produits forestiers. Le soutien aux produits de la socio-biodiversité a permis l’essor de nouvelles filières certifiées dans le commerce équitable et les marchés bio : huiles de copaïba et d’andiroba, fèves de cacao native, farine de manioc enrichie, textiles naturels à base de fibres de chambira. En 2025, plusieurs de ces produits ont été labellisés à l’échelle internationale, avec un retour direct des bénéfices aux communautés. Ce modèle économique participe à réduire la dépendance à l’exploitation minière ou aux cultures illégales.
Une vision long terme pour la gouvernance des territoires
Les résultats du Amazon Biosphere Reserves Project démontrent qu’il est possible de réconcilier développement et conservation, à condition d’impliquer réellement les premiers gardiens de la forêt. En 2025, le projet a soutenu la reconnaissance juridique de plus de 50 territoires indigènes comme unités de conservation cogérées. Il a aussi permis l’intégration de représentants autochtones dans les organes décisionnels régionaux de gestion environnementale. Cette gouvernance partagée favorise des réponses adaptées aux réalités locales tout en respectant les normes internationales. Les réserves de biosphère deviennent ainsi des modèles de diplomatie environnementale, capables d’inspirer d’autres régions tropicales du monde.
La Rédaction

