Depuis plusieurs années, l’éducation en Algérie subit une baisse progressive de son financement. En 2019, 16 % des dépenses publiques lui étaient consacrées. Aujourd’hui, cette part est tombée à 13 %, tandis que les investissements militaires ont suivi une trajectoire inverse.
Cette réorientation budgétaire, justifiée par le gouvernement au nom des impératifs sécuritaires, suscite de vives inquiétudes chez les enseignants et les étudiants. Loin d’être une simple donnée comptable, elle a des conséquences concrètes sur les conditions d’apprentissage et de travail dans un pays où le système éducatif peine déjà à répondre aux attentes des jeunes générations.
Une colère qui s’exprime malgré la répression
Ce mécontentement latent a fini par se traduire dans la rue. Les 13 et 14 février, les enseignants à travers le pays ont observé une grève de deux jours pour dénoncer la précarité croissante de leur profession. Salaires insuffisants, classes surchargées, infrastructures vétustes : autant de revendications qui rappellent celles portées en janvier par les étudiants, eux aussi en colère contre leurs conditions d’apprentissage et leur manque de perspectives.
Dans un contexte où la contestation est de plus en plus étouffée, cette mobilisation revêt une portée particulière. Depuis l’élection d’Abdelmadjid Tebboune en 2019, les autorités ont largement restreint l’espace d’expression politique et sociale, rendant les manifestations rares et risquées.
Une priorité nationale reléguée au second plan ?
Longtemps considérée comme un pilier du développement en Algérie, l’éducation semble désormais reléguée au second plan. Les enseignants, en première ligne, dénoncent un désengagement progressif de l’État, au profit d’autres secteurs jugés plus stratégiques.
« On nous demande de former les générations futures, mais on ne nous en donne pas les moyens. Comment transmettre un savoir de qualité quand nos conditions de travail se dégradent d’année en année ? », s’indigne un enseignant gréviste à Alger.
Face à cette situation, les syndicats réclament une revalorisation des salaires et une hausse des investissements dans le secteur éducatif. Mais pour l’instant, le gouvernement reste silencieux, laissant planer l’incertitude sur l’issue de cette contestation.
Un mouvement appelé à s’intensifier ?
Si les revendications des enseignants restent ignorées, la grogne pourrait s’amplifier dans les semaines à venir. Certains syndicats envisagent déjà de prolonger la mobilisation, tandis que du côté des étudiants, la frustration ne cesse de croître.
L’Algérie, qui mise sur sa jeunesse pour construire son avenir, peut-elle se permettre de négliger son système éducatif ? C’est toute la question que pose cette crise, qui dépasse largement le cadre d’une simple revendication salariale.
La Rédaction

