Dans la fabrique silencieuse des politiques publiques africaines, la statistique occupe une place centrale. Sans chiffres crédibles, ni pilotage économique ni crédibilité internationale ne sont possibles. C’est dans cet espace technique, souvent invisible, que le Togo vient d’achever une séquence institutionnelle clé à la tête d’AFRISTAT.
Pendant deux ans, Lomé a assuré la présidence du Conseil des ministres de l’Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne. Une responsabilité exercée dans un contexte régional tendu, marqué par l’insécurité, la pression sur les finances publiques et des attentes accrues des partenaires internationaux.
Créé en 1993, AFRISTAT regroupe 22 États africains et œuvre au renforcement des systèmes statistiques nationaux. Basée à Bamako, l’institution constitue un socle technique indispensable à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques, dans un environnement où la donnée est devenue un levier de gouvernance et de souveraineté.
Une présidence de consolidation
Face aux contraintes structurelles, la présidence togolaise a fait le choix de la stabilité. L’enjeu principal a consisté à préserver la continuité des activités, à maintenir la coordination entre États membres et à sécuriser les partenariats techniques, dans un contexte peu favorable aux réformes institutionnelles ambitieuses.
Cette approche a permis à AFRISTAT de poursuivre ses missions essentielles sans rupture, tout en consolidant son rôle de référence méthodologique dans l’espace subsaharien.
Le tournant de la donnée stratégique
Au cours de cette mandature, la statistique s’est imposée comme un enjeu politique à part entière. Produire des indicateurs fiables, maîtriser leur interprétation et renforcer l’appropriation nationale des données sont devenus des impératifs pour les États africains, notamment dans leurs relations avec les bailleurs et les marchés.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le passage de relais à la Guinée équatoriale, appelée à conduire l’institution dans une nouvelle phase, marquée par la modernisation numérique, les exigences de transparence et l’intégration accrue des données dans la décision publique.
Le bilan de la présidence togolaise a été présenté à Lomé lors d’une séance de travail entre Sandra Ablamba Johnson, secrétaire générale de la présidence du Conseil, et Paul-Henri Nguema Meye, directeur général d’AFRISTAT, actant la fin d’un cycle et l’ouverture d’une transition stratégique.
La Rédaction

