Dans la région des Savanes, haut lieu du maraîchage au nord du Togo, l’oignon domine cette saison, reléguant la tomate à un rôle plus discret. Face aux aléas climatiques et aux réalités du marché, de nombreux agriculteurs ont réorienté leurs cultures pour privilégier les productions plus robustes et rentables.
Un changement motivé par des conditions difficiles
Traditionnellement, la tomate occupe une place de choix dans les exploitations maraîchères de la région. Mais cette année, la sécheresse a frappé au moment critique des pépinières, perturbant les prévisions des agriculteurs. Beaucoup ont vu leurs jeunes plants dépérir avant même d’être replantés. Plutôt que de risquer une nouvelle perte, ils ont préféré miser sur des cultures plus résistantes, comme l’oignon et le piment.
« L’oignon supporte mieux les variations climatiques et se conserve plus longtemps après la récolte. Il est aussi plus demandé sur le marché », confie un producteur local. En effet, en raison de cette forte demande, les prix sont attractifs. Le sac de 50 kg d’oignon s’échange autour de 40 000 francs CFA, avec des perspectives de hausse dans les mois à venir.
La tomate recule, mais ne disparaît pas
Si l’oignon a pris l’ascendant, certains producteurs ont malgré tout maintenu une part de leur exploitation en tomate. Pour eux, la culture reste rentable, bien que plus exigeante en soins et en irrigation. « Ceux qui ont réussi à surmonter les difficultés climatiques bénéficient de prix légèrement supérieurs à ceux de l’an dernier », observe un commerçant du secteur.
Ce basculement vers l’oignon et le piment est-il un simple ajustement temporaire ou un signe d’une transformation plus profonde des habitudes agricoles dans les Savanes ? Seul l’avenir le dira. En attendant, les maraîchers s’adaptent aux caprices de la nature et aux lois du marché, avec un objectif clair : garantir la viabilité de leur production.
La Rédaction

