Alors que les négociations climatiques mondiales continuent de polariser l’attention, une tribune signée par Mary Robinson, Ellen Johnson Sirleaf, Musimbi Kanyoro, Yvonne Aki‑Sawyerr et Carlijn Nouwen fait résonner un message clair : l’Afrique ne veut plus de promesses, elle réclame des investissements concrets et adaptés pour libérer son potentiel vert et devenir un acteur central de la transition climatique mondiale.
L’Afrique détient déjà des atouts stratégiques uniques : 60 % des meilleures ressources solaires du monde, 60 % des terres arables restantes, 40 % des minéraux critiques indispensables aux technologies vertes, et une économie bleue générant aujourd’hui 300 milliards de dollars par an avec un potentiel qui pourrait dépasser le billion de dollars. À cela s’ajoute une jeunesse qui représentera 40 % de la population mondiale d’ici 2030 et un tissu social consolidé par le leadership féminin et les associations locales, autant de fondations solides pour bâtir un modèle économique vert et résilient.
Pour transformer ces atouts en solutions climatiques tangibles, les auteurs de la tribune identifient trois priorités : mobiliser un capital réel et accessible, construire des coalitions d’investissement efficaces et réformer le système financier mondial pour faciliter l’accès aux fonds, garantir l’intégration de la résilience climatique et donner une voix plus forte aux pays africains dans les institutions financières internationales. Selon eux, il est urgent que les promesses passées se traduisent en financements concrets permettant le déploiement massif des énergies renouvelables, le développement de la bioéconomie et le soutien aux projets locaux d’adaptation et de transition.
Cette exigence s’inscrit dans le cadre du Deuxième Sommet africain sur le climat (ACS2) tenu à Addis‑Abeba, qui a préparé la position africaine à la COP30 de Belém. Les dirigeants africains y ont plaidé pour une justice climatique réelle, une mobilisation accrue des financements et la reconnaissance du continent comme solution mondiale et non simple victime du changement climatique. Si des engagements financiers ont été annoncés à la COP30, l’Afrique reste vigilante et appelle à des mécanismes financiers adaptés et opérationnels pour transformer les promesses en action.
Aujourd’hui, le message est limpide : l’Afrique n’a pas besoin de promesses supplémentaires mais de capital, de partenariats stratégiques et d’accès aux marchés pour déployer ses solutions climatiques et jouer un rôle moteur dans la transition écologique mondiale. Le temps des discours est passé, place à l’investissement réel.
La Rédaction

