Après sept ans à la tête de l’État, Nana Akufo-Addo quittera le pouvoir en décembre 2024, quel que soit le résultat des élections à venir. Ce départ marquera la fin de deux mandats présidentiels et la retraite d’un homme politique ayant marqué l’histoire de son pays. Akufo-Addo est entré en politique dans les années 1970, d’abord comme opposant au régime militaire d’Ignatius Kutu Acheampong, puis en rejoignant la lutte pour un retour à un régime constitutionnel face à Jerry Rawlings. En 1992, il a participé à la fondation du New Patriotic Party (NPP), un parti de droite devenu l’un des deux principaux acteurs de la politique ghanéenne.
Cependant, son mandat, qui aurait dû répondre aux grandes attentes placées en lui, n’a pas été à la hauteur.
Un premier mandat prometteur
Lors de son arrivée au pouvoir en 2017, Akufo-Addo était porteur d’un programme ambitieux, notamment un virage vers une économie libérée de la dépendance aux matières premières. Son slogan « Ghana Beyond Aid » visait à transformer le pays en une nation de producteurs industriels, réduisant ainsi sa dépendance à l’aide extérieure. En 2018, Ghana a d’ailleurs obtenu la fin de son programme d’aide avec le Fonds monétaire international (FMI), un premier succès symbolique de son gouvernement.
Dans le domaine de l’éducation, l’abolition des frais scolaires au niveau secondaire a permis une augmentation considérable des inscriptions, ce qui a favorisé l’accès à l’éducation pour de nombreux jeunes Ghanéens, en particulier les filles.
Sur le plan économique, des initiatives telles que le programme « 1District 1Factory » ont été lancées pour encourager l’industrialisation et la création d’emplois. Cependant, ces initiatives n’ont pas toujours donné les résultats escomptés. La crise de la pandémie de COVID-19, en 2020, a aggravé une situation déjà fragile, affectant sérieusement l’économie.
Un second mandat décevant
Si le début de son mandat a été marqué par des réformes importantes, le deuxième mandat d’Akufo-Addo a été terni par des crises économiques et une gestion de la pandémie critiquée. Les mesures prises face à la COVID-19 ont révélé des lacunes dans le système de santé, notamment un manque de capacités de production de vaccins et d’infrastructures sanitaires adaptées. Le gouvernement a également été accusé de népotisme et de corruption, ce qui a érodé sa popularité.
L’année 2022 a marqué un tournant pour le Ghana, avec une inflation atteignant un record de 54,1 %, et une crise de la dette qui a obligé le pays à solliciter à nouveau l’aide du FMI. Cette crise a mis à mal la stabilité économique du pays, et des mesures de restructuration de la dette ont été perçues comme particulièrement dures pour la population, notamment les retraités, dont les économies ont été mises en péril.
Les défis environnementaux et la gestion des ressources
Outre l’économie, la gestion des ressources naturelles a été une autre source de déception. L’exploitation illégale de l’or, en particulier par le biais du “galamsey”, a dévasté des portions importantes du territoire ghanéen, entraînant une pollution et une dégradation environnementale alarmantes. L’abandon du projet de construction d’une cathédrale nationale à Accra, jugé non prioritaire, a également alimenté les critiques sur l’utilisation des fonds publics.
Un bilan contrasté
En fin de compte, le bilan d’Akufo-Addo est celui d’un président qui n’a pas réussi à concrétiser les grands espoirs suscités par son arrivée au pouvoir. Si son premier mandat a été salué pour ses réformes en matière d’éducation et de politique économique, son second mandat aura été marqué par une série de crises économiques, sociales et environnementales, qui ont terni son image et l’ont empêché de tenir les promesses qu’il avait faites au peuple ghanéen.
La Rédaction

