Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé jeudi le renforcement de la lutte contre la criminalité par le déploiement de l’armée aux côtés de la police, une décision qui divise l’opinion publique.
Une criminalité inquiétante
Avec environ 60 meurtres par jour, la violence en Afrique du Sud reste alarmante. Les conflits entre gangs de trafiquants de drogue frappent certaines zones du Cap, tandis que des fusillades liées à l’exploitation minière illégale secouent la province de Gauteng, près de Johannesburg. Ces violences alimentent un climat de peur et freinent l’investissement privé.
Des voix critiques sur l’efficacité du déploiement militaire
Certains experts et responsables politiques s’interrogent sur la capacité réelle de l’armée à intervenir. « Le financement des forces de défense a été réduit, elles ne peuvent pas optimiser leur déploiement. Il est risible de vouloir les envoyer lutter contre l’exploitation minière illégale sans préciser les ressources nécessaires », dénonce Des van Rooyen, chef par intérim du parti uMkhonto weSizwe.
Un déploiement coordonné avec la police
Cyril Ramaphosa a demandé aux chefs de la police et de l’armée de préparer un plan de déploiement rapide dans le Cap-Occidental et à Gauteng. Gustavo de Carvalho, chercheur en politiques publiques, insiste sur l’importance de la coordination : « L’armée ne peut pas assumer seule des fonctions de maintien de l’ordre, elle doit opérer sous le commandement de la police. »
Des mesures complémentaires pour sécuriser le pays
Le président a également annoncé le recrutement de 5 500 policiers et le renforcement des services de renseignement, tout en identifiant les syndicats du crime à cibler prioritairement. L’objectif est de réduire le coût humain et économique de la criminalité et de rassurer la population et les investisseurs.
Une lecture politique plus large
Selon Gustavo de Carvalho, cette décision s’inscrit dans un contexte de diversification des relations internationales. « Il s’agit d’un processus de réduction des risques, en évitant de concentrer toutes les relations sur un seul partenaire stratégique, tout en renforçant la résilience interne face aux menaces criminelles. »
La Rédaction

