Les perturbations sur le marché pétrolier mondial se répercutent sur le continent africain, faisant grimper l’inflation et fragilisant les populations.
La guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran a des répercussions qui dépassent largement le Moyen-Orient. En Afrique, le blocage du détroit d’Ormuz et les tensions autour de l’approvisionnement en pétrole provoquent une hausse spectaculaire des prix des carburants, notamment au Nigeria, pays dépendant à près de 90 % des importations pour ses besoins pétroliers.
La plupart des pays africains disposent de stocks de carburant pour seulement 15 à 25 jours, bien en deçà des 90 jours recommandés par l’Agence internationale de l’énergie. Conséquence : chaque perturbation de l’offre mondiale se traduit par des prix à la pompe en forte hausse. « Nous ne sommes pas impliqués dans ce conflit, et pourtant, c’est nous qui en subissons les conséquences », s’indigne Rasheed Ayinla, conducteur de tricycle à Lagos.
Les coûts du carburant impactent tous les secteurs : fret, alimentation, transports et tourisme. Les consommateurs peinent à suivre la cadence d’une inflation galopante. « Les produits deviennent de plus en plus chers d’un jour à l’autre. Si vous avez de l’argent, faites des provisions de première nécessité », prévient Dolapo Sanusi, résidente de la capitale économique.
Face à cette situation, les experts appellent les gouvernements africains à intervenir rapidement par un rationnement ciblé et des subventions. Ils recommandent également d’accélérer les investissements dans les énergies alternatives, telles que l’hydrogène et le méthanol, pour réduire la vulnérabilité des pays aux crises pétrolières mondiales.
Pendant ce temps, la guerre au Moyen-Orient s’intensifie : de violentes explosions ont secoué Téhéran vendredi soir, quelques heures après l’annonce d’un renforcement des frappes américaines et l’envoi de Marines supplémentaires dans la région. L’Iran a réagi en multipliant les attaques de drones et de missiles sur ses voisins et en maintenant un contrôle strict sur le détroit d’Ormuz, alimentant la flambée des prix de l’or noir.
La Rédaction

