L’Afrique du Sud franchit un cap stratégique dans la lutte contre la fièvre aphteuse. Pour la première fois depuis près de vingt ans, des vaccins produits localement ont été officiellement remis aux autorités vétérinaires. Une avancée saluée comme « une étape importante » par Pretoria, dans un contexte de vigilance sanitaire accrue autour du cheptel national.
Un premier lot d’environ 13 000 doses a été livré. Les capacités devraient rapidement monter en puissance : les autorités tablent sur 20 000 doses par semaine dès le mois de mars, avant d’atteindre un rythme industriel estimé à 200 000 vaccins hebdomadaires à l’horizon 2027. Cette relance vise à réduire la dépendance extérieure du pays tout en sécurisant l’approvisionnement en période de crise.
La décision intervient alors que des soupçons de foyers de fièvre aphteuse ont été signalés dans la région d’Humansdorp, dans le Cap Oriental. Plus de cent bovins seraient potentiellement affectés, selon les services vétérinaires. Face au risque de propagation, les autorités ont appelé au confinement des animaux touchés, à la limitation des déplacements et au renforcement des contrôles sanitaires dans les exploitations.
Malgré la reprise de la production nationale, l’Afrique du Sud continue de miser sur des solutions complémentaires. Le pays attend notamment 1,5 million de doses du vaccin Dollvet en provenance de Turquie, destinées à soutenir une campagne de vaccination d’urgence dans les zones les plus exposées.
La fièvre aphteuse constitue une menace directe pour l’économie agricole sud-africaine. Hautement contagieuse chez les bovins, ovins et porcins, la maladie peut entraîner des restrictions commerciales, des pertes de production et un affaiblissement durable des filières. Après une épidémie enregistrée en 2024, les experts redoutent qu’une nouvelle vague ne fragilise davantage l’industrie laitière et l’élevage intensif.
En relançant la fabrication locale de vaccins, Pretoria cherche donc à reprendre la main sur sa sécurité sanitaire animale. Au-delà de l’urgence, cette stratégie s’inscrit dans une logique de souveraineté vétérinaire, visant à mieux protéger les éleveurs, stabiliser les marchés et prévenir les chocs économiques liés aux maladies transfrontalières.
La Rédaction

