Un nouveau rapport des experts de l’ONU publié mercredi met en lumière la persistance d’Al-Chabab, identifié comme la menace la plus immédiate à la stabilité en Somalie et au Kenya. Le groupe armé ne se limite pas aux attaques directes : il tire également profit de l’extorsion, du recrutement forcé et d’une propagande sophistiquée pour asseoir son influence et ses ressources.
Une menace multidimensionnelle
La capitale somalienne, Mogadiscio, reste une cible privilégiée. La tentative d’assassinat du président le 18 mars 2025 illustre la capacité du groupe à frapper le cœur du pouvoir somalien. Mais Al-Chabab exerce également une pression continue sur la population à travers la collecte illégale de fonds, le contrôle social et la manipulation médiatique, créant un réseau de domination locale durable.
Le Kenya en ligne de mire
Le rapport de l’ONU souligne l’intensité des attaques au Kenya, en particulier dans les comtés frontaliers de Mandera et Lamu. Cette année, le groupe a mené en moyenne six attaques par mois, ciblant le personnel de sécurité, les infrastructures, et recourant à des enlèvements et au vol de bétail. La force de l’extrême nord-est du Kenya demeure ainsi vulnérable face aux incursions transfrontalières d’Al-Chabab.
Objectifs et ambitions régionales
Selon les experts, le but stratégique d’Al-Chabab reste clair : renverser le gouvernement somalien, expulser les forces étrangères et établir une « Grande Somalie » sous un régime islamique strict. Cette vision radicale continue de déstabiliser l’ensemble de la Corne de l’Afrique et menace directement les États voisins.
Maintien de la force de l’UA en Somalie
Face à cette menace, le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 le mandat de la force de soutien de l’Union africaine en Somalie, forte de 11 826 militaires et 680 policiers. Cette force reste essentielle pour contenir l’influence d’Al-Chabab et protéger les institutions somaliennes.
L’État islamique en Somalie : un danger croissant
Le rapport attire également l’attention sur la présence de l’État islamique en Somalie (ISIL-Somalie). Avec plus de 1 000 combattants fin 2024, dont environ 60 % d’étrangers, ce groupe, bien que moins puissant qu’Al-Chabab, représente une menace réelle pour la stabilité régionale, avec un recrutement actif à l’échelle internationale et un potentiel d’expansion inquiétant.
En conclusion, les experts de l’ONU alertent sur le fait que la Somalie et le Kenya demeurent exposés à des menaces multiples et évolutives, nécessitant une vigilance continue et un renforcement des forces régionales pour maintenir la paix et la sécurité.
La Rédaction

