D’un rêve d’enfance à une invention brevetée
Originaire de Kinshasa, Sandrine Mubenga a grandi dans un pays où l’électricité manquait cruellement. Partie étudier aux États-Unis, elle devient professeure en génie électrique à l’Université de Toledo, dans l’Ohio. C’est là qu’elle développe le Bi-Level Equalizer, un système breveté qui améliore la performance des batteries lithium-ion, prolonge leur durée de vie et en réduit le coût. L’innovation est reconnue par l’Office américain des brevets (USPTO), signe d’une percée majeure dans la transition énergétique mondiale.
Une solution venue des labos, pensée pour le terrain
Le Bi-Level Equalizer permet une répartition plus intelligente de la charge entre cellules, augmentant leur efficacité de plus de 30 %. Cette technologie, pensée pour les véhicules électriques et le solaire, rend les batteries plus durables et plus accessibles. Si elle a été conçue aux États-Unis, sa portée est globale, notamment pour les pays en développement où le stockage d’énergie est un levier clé.
Du lithium au savoir-faire africain
L’Afrique, et en particulier la RDC, fournit une grande partie du cobalt, un métal utilisé dans certaines batteries lithium-ion. Mais pour Mubenga, le vrai enjeu est ailleurs : l’Afrique doit devenir un acteur technologique, pas seulement un réservoir de ressources. Breveter, concevoir, fabriquer — c’est dans cette direction qu’elle pousse la nouvelle génération.
Une femme engagée entre deux continents
Fondatrice de SMIN Power Group et de l’ONG STEM DRC Initiative, Sandrine Mubenga œuvre aussi sur le terrain. Depuis 2020, elle dirige l’Autorité de régulation de l’électricité en RDC. Elle forme, installe, régule. Sa double casquette entre la recherche américaine et l’action en RDC incarne une nouvelle élite africaine qui relie le Nord et le Sud.
Un modèle pour les jeunes et pour les femmes
Distinguée par plusieurs prix, dont celui de l’IEEE (Ingénieur de l’année), Sandrine Mubenga est un symbole pour toute une jeunesse africaine. Elle prouve que l’excellence scientifique est possible, sans renoncer à ses racines ni à son utilité sociale. Pour elle, la recherche doit éclairer — pas seulement briller.
La Rédaction

