Présentée depuis le 20 août 2026 à Constitution Hill et visible jusqu’au 24 septembre, l’exposition « Brave Beauties: Stories of Identity, Visibility & Courage » de Zanele Muholi met en lumière des femmes transgenres et des personnes non conformes au genre en Afrique du Sud. À travers la photographie, l’artiste transforme la visibilité en acte de mémoire et de dignité.
Johannesbourg – Depuis le 20 août, Constitution Hill accueille une série de portraits qui ne se contentent pas de montrer des visages : ils revendiquent une place dans l’histoire. Avec « Brave Beauties: Stories of Identity, Visibility & Courage », Zanele Muholi poursuit un travail engagé depuis plus de vingt ans autour de la représentation des communautés noires LGBTQIA+ en Afrique du Sud.
Photographe et activiste visuel·le de renommée internationale, Muholi place ici au centre des femmes transgenres et des personnes non conformes au genre, photographiées avec une grande attention portée au regard, à la posture et à la manière dont chacune choisit d’être représentée.
La visibilité comme acte de résistance

Les portraits privilégient la présence plutôt que le spectaculaire. Les modèles occupent pleinement l’image et imposent leur propre rapport au regard extérieur.
Cette démarche prend une dimension particulière dans une société où les protections constitutionnelles coexistent encore avec des discriminations et des violences. Pour Muholi, être visible ne signifie donc pas seulement apparaître : il s’agit aussi de reprendre le contrôle sur les récits et les images produits autour de soi.
Constitution Hill, un lieu chargé de mémoire
Le choix de Constitution Hill renforce encore la portée de l’exposition. Ancienne prison devenue musée et siège de la Cour constitutionnelle, le lieu demeure profondément associé aux combats contre l’apartheid et à la défense des droits fondamentaux.
Installer ces portraits dans cet espace revient à inscrire les identités transgenres et non conformes au genre dans une histoire plus large de citoyenneté, de liberté et de reconnaissance.
Photographier pour laisser une trace

Chez Zanele Muholi, la photographie fonctionne également comme une archive. Chaque portrait conserve une présence, un nom, une histoire et une mémoire qui pourraient autrement être effacés ou marginalisés.
Avec « Brave Beauties », l’exposition dépasse ainsi le seul champ de l’identité. Elle pose aussi une question centrale : qui entre dans la mémoire collective et qui reste en dehors du récit national ?
À Johannesburg, Zanele Muholi rappelle que l’image peut devenir un outil de transmission autant qu’un espace de résistance. En donnant aux personnes photographiées une présence durable, l’artiste inscrit leurs histoires dans une mémoire sud-africaine plus large et plus inclusive.
La Rédaction

