En République démocratique du Congo, une mystérieuse maladie suscite l’inquiétude des autorités sanitaires. Depuis le 21 janvier 2025, plus de 50 personnes ont succombé à une infection fulgurante, dont les symptômes rappellent ceux des fièvres hémorragiques comme Ebola. Pourtant, les premiers tests effectués sur les échantillons prélevés excluent cette hypothèse, laissant planer un mystère sur l’origine de l’épidémie.
Une propagation rapide et une létalité alarmante
Tout a commencé dans le village de Boloko, au nord-ouest du pays, où trois enfants sont morts en moins de 48 heures après avoir consommé une chauve-souris. Depuis, 419 cas ont été recensés, et le bilan ne cesse de s’alourdir. Les patients présentent une forte fièvre, des vomissements et des hémorragies internes. Ce délai extrêmement court entre l’apparition des symptômes et le décès des malades alarme les experts.
Serge Ngalebato, directeur médical de l’hôpital de Bikoro, a déclaré que cette maladie se distingue par son agressivité inhabituelle. « Ce qui est inquiétant, c’est la rapidité avec laquelle les patients succombent », a-t-il souligné.
Une maladie encore inconnue
Les premières analyses ont écarté les virus Ebola, Marburg, la fièvre jaune et la dengue, qui partagent des symptômes similaires. Face à cette impasse, les chercheurs poursuivent leurs investigations pour identifier l’agent pathogène responsable.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suit de près l’évolution de la situation et a déjà envoyé une équipe sur le terrain pour contenir la propagation et mieux comprendre l’origine de l’épidémie.
Une zoonose en cause ?
Ce nouvel épisode met en lumière le risque des zoonoses, ces maladies transmises de l’animal à l’homme. Comme le Covid-19, qui aurait émergé d’un marché vendant des animaux sauvages, cette épidémie congolaise pourrait être liée à la consommation de chauves-souris. Ces dernières sont connues pour être des réservoirs de nombreux virus, dont des henipavirus, capables de provoquer des infections graves chez l’homme.
Selon l’OMS, le nombre d’épidémies d’origine animale a augmenté de 60 % en Afrique ces dix dernières années. Le développement de la déforestation, du commerce d’animaux sauvages et du contact accru entre l’homme et la faune favorise l’émergence de nouvelles menaces sanitaires.
Une course contre la montre
Les autorités congolaises, appuyées par des experts internationaux, s’efforcent de contenir la maladie avant qu’elle ne se propage davantage. Des mesures de restriction et de surveillance sanitaire ont été mises en place, mais sans identification claire du virus, le combat reste complexe.
En attendant les résultats des analyses en laboratoire, la prudence est de mise. Cette mystérieuse épidémie rappelle une fois de plus la nécessité d’une vigilance accrue face aux maladies émergentes et l’importance de la coopération internationale pour prévenir de futures crises sanitaires.
La Rédaction

