Une unité de 2 000 hommes pour répondre à la dégradation sécuritaire au Sahel
Les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont acté la création d’une nouvelle force militaire régionale destinée à faire face à la progression des groupes djihadistes en Afrique de l’Ouest. Selon des sources diplomatiques et sécuritaires, cette unité devrait compter environ 2 000 soldats.
Le projet d’une force anti-terroriste commune circulait depuis plusieurs années au sein de l’organisation sous-régionale. Il prend forme dans un contexte marqué par l’aggravation des violences au Sahel, où des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique multiplient les attaques.
Une réponse à l’instabilité au Sahel
La situation sécuritaire est particulièrement préoccupante dans trois pays — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — qui ont récemment quitté la CEDEAO après des coups d’État militaires successifs. Ces États, aujourd’hui regroupés au sein d’une alliance distincte, ne participeront pas directement à la nouvelle force, selon plusieurs responsables.
Lors d’une réunion des chefs d’état-major organisée à Freetown fin février et début mars, les contours opérationnels ont été précisés. Chaque pays participant doit contribuer en effectifs, tandis que les troupes resteront stationnées dans leur État d’origine. La Sierra Leone servira de plateforme logistique pour coordonner les opérations.
Terrorisme, criminalité et insécurité maritime
Au-delà de la lutte contre les groupes armés, les discussions ont également porté sur l’expansion de la criminalité transnationale organisée et les menaces persistantes en matière de sécurité maritime dans le golfe de Guinée.
Le financement du dispositif reste en cours de négociation. Aucun communiqué officiel n’a encore été publié par la CEDEAO, mais des responsables militaires soulignent l’urgence d’une réponse collective face à une menace jugée « préoccupante ».
Malgré leur retrait, le Burkina Faso, le Mali et le Niger pourraient être appelés à coopérer avec cette nouvelle architecture sécuritaire régionale. Pour certains chefs militaires, leur implication reste stratégique, ces pays se situant au cœur de l’épicentre djihadiste du Sahel.
La mise en place de cette force marque une nouvelle étape dans l’adaptation sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest, confrontée à l’un des défis les plus complexes de son histoire récente.
La Rédaction

