La Tanzanie a célébré hier, 9 décembre, son 62ᵉ anniversaire d’indépendance sous le signe de la vigilance et de la tension. Dans les grandes villes comme Dar es Salaam, Dodoma et Arusha, les rues étaient inhabituellement désertes dès le matin, tandis que des forces de sécurité déployées massivement patrouillaient pour prévenir toute manifestation non autorisée.
Le gouvernement avait préalablement déclaré les rassemblements illégaux et invité les citoyens à rester chez eux, invoquant des motifs de sécurité. Cette décision fait suite à plusieurs semaines de protestations violentes après la réélection contestée de la présidente Samia Suluhu, le 29 octobre dernier, qui avait suscité trois jours de manifestations meurtrières et l’arrestation de plus de 2 000 personnes.
Selon Oryem Nyeko, chercheur principal à Human Rights Watch, le déploiement sécuritaire reflète une intolérance croissante à l’égard des libertés fondamentales : « Les autorités tanzaniennes ont envoyé un message clair : toute contestation dans la rue sera réprimée. Les citoyens ont pourtant le droit de manifester pacifiquement et de discuter des violences liées aux élections. »
Depuis la mi-novembre, plusieurs individus ont été appréhendés à leur domicile ou dans la rue pour avoir appelé à des manifestations pacifiques, illustrant une approche de plus en plus stricte des autorités envers le droit de réunion.
En outre, les célébrations traditionnelles de l’indépendance, souvent marquées par des défilés et festivités, ont été annulées. Le gouvernement a expliqué que les fonds initialement prévus pour ces événements seraient utilisés pour réparer les infrastructures endommagées lors des récentes violences.
Ainsi, après le Jour de l’Indépendance 2025, la Tanzanie se retrouve dans un climat marqué par la sécurité renforcée et la prudence citoyenne, soulignant les tensions persistantes dans le pays post-électoral.
La Rédaction

