Le gouvernement malien a exprimé son étonnement et sa colère dans un communiqué daté du 24 février 2025, après la décision du Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE) des États-Unis d’annuler une subvention de 14 millions de dollars (environ 8,8 milliards FCFA) allouée à la cohésion sociale au Mali. Cette annonce, faite le 15 février, a mis en lumière des tensions croissantes entre Bamako et Washington, avec le gouvernement malien dénonçant ce qu’il considère comme un détournement de fonds destiné à des fins subversives.
Dans ce communiqué, le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali a exprimé sa consternation, soulignant que l’existence de cette aide n’avait jamais été officiellement confirmée avant l’annonce des États-Unis. Bamako a annoncé avoir saisi les autorités américaines pour obtenir des explications détaillées sur l’annulation de cette subvention, tout en soulignant que l’absence de transparence entourant cette aide renforce les soupçons de manipulation.
Le Mali va plus loin en dénonçant une pratique qu’il estime systématique, visant à utiliser l’aide publique au développement comme un instrument de déstabilisation. Selon le gouvernement malien, ces fonds, plutôt que de soutenir les populations locales, auraient été utilisés pour financer des groupes terroristes opérant au Sahel, alimentant ainsi un cercle vicieux de violence et d’insécurité dans la région.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des divergences profondes entre Bamako et Washington. Depuis deux ans, le Mali a refusé de signer l’Accord quinquennal de Subvention d’objectif de développement avec les États-Unis, et plusieurs projets financés par l’USAID ont été mis en pause. Le gouvernement malien exige désormais que toute coopération avec les États-Unis soit fondée sur le respect absolu de sa souveraineté et des priorités définies par l’État malien.
Le communiqué va encore plus loin en appelant Washington à mener des enquêtes et engager des poursuites judiciaires contre les responsables de ce que Bamako considère comme un détournement de fonds à des fins contraires aux besoins essentiels du peuple malien. Les autorités maliennes insistent sur la nécessité d’une gestion plus transparente de l’aide internationale, soulignant que celle-ci doit répondre aux besoins réels de la population et ne pas servir des objectifs politiques étrangers.
Malgré ces accusations, le gouvernement malien semble laisser une porte ouverte au dialogue avec Washington, à condition que ce dernier respecte la souveraineté nationale du Mali. Bamako a réaffirmé que toute future coopération devra se faire sur la base de l’intérêt réciproque et du respect mutuel, avec des garanties solides contre tout détournement ou abus de fonds.
La Rédaction

