Alors que l’épidémie d’Ebola s’étend dans plusieurs pays africains, le Zimbabwe renforce sa vigilance sans avoir enregistré de contamination. L’Organisation mondiale de la santé demande aux autorités de vérifier l’efficacité de leurs dispositifs de surveillance et de réaction. Une démarche soutenue par de nouveaux financements destinés à la préparation aux urgences sanitaires.
Au Zimbabwe, la lutte contre Ebola commence avant même l’apparition du premier malade. Face à la propagation régionale du virus Bundibugyo, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle Harare à évaluer rigoureusement sa capacité à détecter, isoler et prendre en charge une éventuelle infection importée.
Cet avertissement a été formulé le 26 octobre par Desta Tiruneh, représentant de l’OMS au Zimbabwe, lors du lancement de deux subventions du Fonds de lutte contre les pandémies, totalisant 16,82 millions de dollars.
Anticiper plutôt que subir une épidémie
Malgré l’absence de cas confirmé, le Zimbabwe reste exposé aux risques liés aux déplacements internationaux. Les infections détectées au Kenya et au Nigeria, après l’extension de l’épidémie en République démocratique du Congo, illustrent l’importance d’une vigilance transfrontalière.
L’OMS recommande notamment de vérifier le fonctionnement des contrôles aux frontières, des laboratoires de diagnostic et des équipes d’intervention rapide.
L’objectif est de garantir qu’un éventuel cas puisse être identifié et pris en charge avant l’apparition d’une transmission locale.
Des capacités déjà mobilisées
Le Zimbabwe n’attend pas cette nouvelle alerte pour agir. Des centres d’isolement ont été désignés à Harare, Bulawayo et Chirundu. Les autorités ont également renforcé les contrôles sanitaires aux points d’entrée et les formations du personnel médical.
Les nouveaux financements doivent soutenir plus largement la préparation nationale aux épidémies, notamment les capacités de surveillance et de diagnostic. Ils ne sont donc pas exclusivement destinés à Ebola.
La prévention comme investissement sanitaire
Les risques demeurent importants dans une région où les échanges humains et commerciaux rendent illusoire toute protection reposant uniquement sur les frontières.
Pour l’OMS, l’efficacité d’une riposte dépend de la rapidité du diagnostic, de la coordination institutionnelle et de la disponibilité des moyens médicaux.
Au Zimbabwe, l’enjeu sera désormais de vérifier que les dispositifs annoncés fonctionnent réellement, afin qu’une éventuelle introduction du virus ne débouche pas sur une nouvelle chaîne de transmission.
La Rédaction

