Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola aggrave une crise alimentaire déjà alimentée par les conflits et les déplacements de populations. Près de 3,5 millions de personnes vivent dans une situation de faim aiguë dans les zones touchées. Pour les organisations humanitaires, nourrir les familles devient aussi indispensable que soigner les malades.
En République démocratique du Congo, combattre Ebola ne consiste plus seulement à isoler les patients et à interrompre les chaînes de contamination. Il faut également garantir aux familles les moyens de se nourrir pendant les périodes de traitement et de surveillance. Dans une alerte publiée le 23 octobre, le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que près de 3,5 millions d’habitants des zones affectées connaissent une insécurité alimentaire de niveau crise ou supérieur.
Parmi les personnes directement touchées par l’épidémie, 97 % ont encore besoin d’une assistance alimentaire. Une situation qui menace l’efficacité des mesures sanitaires.
Quand l’isolement prive les familles de revenus
Les restrictions de déplacement, les interruptions d’activités commerciales et les périodes d’isolement fragilisent des ménages déjà éprouvés par l’insécurité.
Pour certaines familles, respecter les recommandations médicales signifie renoncer temporairement au travail ou aux déplacements nécessaires pour acheter de la nourriture. Cette précarité peut compliquer le maintien en isolement et le suivi des patients.
L’aide alimentaire devient une intervention sanitaire
Pour limiter ces difficultés, le PAM a distribué plus de 744 000 repas chauds dans des centres de traitement et d’isolement, ainsi que plus de 3 000 tonnes de denrées aux familles.
L’organisation prévoit également des rations alimentaires pour plus de 500 000 proches de patients et de cas suspects au cours des six prochains mois.
Mais cette mobilisation demeure fragile. Le PAM estime à 214 millions de dollars ses besoins pour poursuivre ses opérations alimentaires et logistiques dans l’est congolais.
Une épidémie difficile à contenir
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la RDC comptabilisait 9 704 cas confirmés et 4 687 décès au 20 octobre. Le virus Bundibugyo touche désormais huit provinces et 66 zones de santé.
L’insécurité, les routes dégradées et l’insuffisance des infrastructures médicales compliquent l’accès aux populations.
Dans ces territoires, la réponse à Ebola dépend donc d’une double capacité : assurer les soins et préserver les moyens de subsistance. Sans soutien alimentaire durable, les mesures de prévention risquent de devenir impossibles à respecter pour les familles les plus vulnérables.
La Rédaction

