Dans les régions frontalières du Togo et du Burkina Faso, le commerce du bétail représente une activité économique importante, mais exposée aux vols, aux fraudes et aux circuits de revente illicites. Les deux pays engagent une réponse commune pour mieux identifier l’origine des animaux et sécuriser leur circulation. Une initiative qui associe contrôle commercial, coopération transfrontalière et protection des acteurs de la filière.
Un animal volé peut changer de propriétaire, franchir une frontière et réapparaître sur un marché avec une origine difficile à établir. Cette circulation complique les contrôles et fragilise la confiance entre éleveurs, commerçants et acheteurs.
Pour réduire ces risques, le Togo et le Burkina Faso ont adopté, mercredi 21 octobre 2026 à Dapaong, un mécanisme concerté de traçabilité du bétail échangé entre leurs territoires frontaliers.
Vérifier l’origine avant la commercialisation
Le dispositif prévoit un suivi des animaux depuis leurs lieux de campement jusqu’aux marchés ou à leur destination finale. Il repose sur une procédure commune de vérification des documents commerciaux, administratifs et sanitaires.
Cette coordination doit permettre de mieux établir la provenance des troupeaux, de repérer les transactions suspectes et de limiter les possibilités d’introduction d’animaux volés dans les circuits légaux.
La dimension sanitaire constitue également un élément important du contrôle, dans une filière où les déplacements transfrontaliers nécessitent une surveillance adaptée.
Protéger une activité économique essentielle
Dans les zones frontalières, la sécurisation des transactions peut contribuer à préserver les revenus des éleveurs et à renforcer la confiance des acheteurs.
L’initiative est portée par le ministère togolais de l’Agriculture, en partenariat avec l’ONG Acting for Life, grâce au soutien financier de l’Union européenne.
Son efficacité dépendra notamment de l’application coordonnée des procédures par les acteurs concernés, sans compliquer excessivement les échanges réguliers.
En choisissant de vérifier ensemble l’origine et les documents du bétail, Lomé et Ouagadougou cherchent à empêcher que la frontière devienne un moyen d’effacer la trace des animaux frauduleusement acquis.
La Rédaction

