Dans une préfecture où l’élevage bovin, ovin et caprin occupe une place importante, la taille du cheptel ne suffit pas à garantir la performance de la filière. Dans l’Oti, l’enjeu se déplace progressivement vers la productivité : mieux nourrir les animaux, préserver leur santé, améliorer leur valeur marchande et maîtriser davantage leur commercialisation. Une évolution indispensable pour faire de l’élevage une activité économiquement plus performante.
C’est dans cette perspective que quarante éleveurs de la préfecture ont récemment été formés à Mango aux techniques d’embouche bovine, ovine et caprine. Organisée par la Chambre régionale de l’Agriculture des Savanes avec l’appui technique et financier du Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnels (FNAFPP), la session s’est achevée le 28 août.
Pendant cinq jours, les participants ont travaillé sur l’alimentation, les différents modes d’embouche, la prévention sanitaire et la commercialisation des animaux. Des exercices pratiques ont également porté sur le déparasitage et la vaccination.
Créer davantage de valeur par animal
L’intérêt de l’embouche dépasse la simple prise de poids du bétail. En combinant alimentation adaptée, suivi sanitaire et durée d’élevage maîtrisée, l’objectif est d’obtenir des animaux présentant une meilleure valeur commerciale dans un délai raisonnable.
Cette approche modifie la manière d’appréhender la performance de l’élevage. Celle-ci ne repose plus uniquement sur le nombre de têtes possédées, mais également sur la valeur que l’éleveur parvient à produire avec chaque animal.
Les formateurs ont notamment recommandé le recours à l’élevage semi-extensif, considéré comme moins coûteux. Ce choix met en évidence une dimension fondamentale de la professionnalisation du secteur : améliorer les performances tout en maîtrisant les charges supportées par l’exploitation.
Faire de l’éleveur un acteur du marché
La formation a ainsi accordé une place à la commercialisation et au choix des périodes de vente. Car produire un animal en meilleure santé et présentant un poids supérieur ne suffit pas si l’éleveur maîtrise mal ses coûts ou vend dans des conditions défavorables.
Les autorités locales voient plus loin et évoquent la nécessité d’accroître la production nationale afin de réduire le recours aux animaux provenant des pays voisins, satisfaire davantage la consommation intérieure et, à terme, envisager des débouchés extérieurs.
L’ambition reste toutefois bien supérieure à l’échelle d’une formation de quarante producteurs. Son intérêt réside plutôt dans la dynamique qu’elle cherche à enclencher, d’autant qu’un suivi des bénéficiaires est annoncé dans les prochains mois pour mesurer l’application des techniques acquises.
Dans l’Oti, le véritable enjeu n’est donc pas simplement de faire grossir plus rapidement les bovins, ovins et caprins. Il consiste à faire évoluer l’élevage d’une logique essentiellement fondée sur la détention du cheptel vers une activité davantage structurée autour de la productivité, de la rentabilité et du marché.
La Rédaction

