Face à la raréfaction de ses ressources hydriques, la Tunisie cherche à transformer son modèle agricole. Entre innovation scientifique, modernisation de l’irrigation et coopération internationale, le pays veut préserver sa production alimentaire dans un environnement climatique de plus en plus contraignant.
En Tunisie, l’avenir de l’agriculture dépend désormais autant de la disponibilité de l’eau que des surfaces cultivées. Confronté à une pression climatique croissante, le pays multiplie les initiatives pour sécuriser ses productions et réduire sa vulnérabilité alimentaire. Cette priorité a été réaffirmée lors d’échanges entre le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, et Berik Aryn, directeur général de l’Organisation islamique pour la sécurité alimentaire (OISA), les 17 et 18 octobre à Bagdad.
La rencontre a porté sur le développement de technologies agricoles, la recherche scientifique et le partage d’expertises pour améliorer les rendements tout en préservant les ressources naturelles.
Une agriculture fragilisée par le manque d’eau
La situation hydrique tunisienne constitue un défi structurel. Selon la Banque mondiale, le pays dispose d’environ 380 mètres cubes d’eau douce renouvelable par habitant et par an, bien en dessous du seuil de pénurie absolue. Sans adaptation suffisante, les tensions sur cette ressource pourraient entraîner une perte de 6,4 % du produit intérieur brut d’ici 2050.
L’agriculture figure parmi les secteurs les plus exposés. Les sécheresses répétées, les besoins d’irrigation et la pression sur les nappes souterraines compliquent la stabilité des récoltes et fragilisent les revenus ruraux.
L’innovation comme réponse aux contraintes climatiques
Tunis entend privilégier des méthodes de production économes en eau, améliorer les techniques d’irrigation et renforcer la recherche appliquée. La coopération avec l’OISA doit favoriser le transfert de connaissances et l’identification de solutions adaptées aux conditions locales.
Cette orientation rejoint les investissements déjà engagés avec la Banque mondiale, notamment un programme de 332,5 millions de dollars destiné à renforcer la sécurité hydrique et à moderniser l’agriculture irriguée.
Passer des engagements aux résultats
La sécurité alimentaire dépend également du stockage, de la transformation et de la distribution des productions. Une agriculture plus résistante aux aléas climatiques ne pourra produire tous ses effets sans des chaînes d’approvisionnement fiables.
Si les discussions de Bagdad confirment une volonté de coopération, aucun financement spécifique ni calendrier opérationnel n’a encore été annoncé avec l’OISA. Pour la Tunisie, l’enjeu sera de convertir ces orientations en solutions accessibles aux agriculteurs, dans un pays où chaque ressource en eau devient stratégique.
La Rédaction

