L’épidémie ralentit dans certaines zones de la République démocratique du Congo. Mais au Nord-Kivu, les nouveaux cas hebdomadaires ont presque doublé en deux semaines, rendant prématurée toute annonce d’un pic dépassé.
Des signes de recul apparaissent enfin sur le front d’Ebola en République démocratique du Congo. Ils restent toutefois trop localisés et trop fragiles pour annoncer un basculement général de l’épidémie.
Mardi 15 septembre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a surtout décrit une situation profondément contrastée, marquée par une amélioration dans certains foyers et une accélération inquiétante dans d’autres.
Le 12 septembre, la RDC avait signalé 7 200 cas et 3 475 décès dans sept provinces et 62 zones sanitaires. Malgré l’ampleur de la riposte, la transmission demeure donc intense et géographiquement étendue.
Une épidémie sans courbe unique
Les autorités sanitaires congolaises avaient fait état, samedi, de signes encourageants depuis un pic qui aurait été atteint à la mi-août. L’OMS refuse cependant de confirmer, à ce stade, que le sommet de l’épidémie est effectivement dépassé.
Cette prudence tient à la lecture même des données. Une tendance nationale peut donner l’impression d’un ralentissement alors que les trajectoires provinciales évoluent dans des directions opposées. Pour l’OMS, les premiers infléchissements observés ne suffisent donc pas encore à établir une baisse durable de la transmission.
Le Sud-Kivu n’a enregistré aucun nouveau cas confirmé depuis la fin du mois de mai. En Ituri, province où l’épidémie avait été déclarée à la mi-mai, certaines zones montrent également des signes précoces de réduction. Ces avancées témoignent de l’efficacité possible de la surveillance, de l’isolement rapide des malades et de la mobilisation communautaire.
Le Nord-Kivu devient le principal signal d’alarme
La situation est tout autre au Nord-Kivu. Dans cette province, les contaminations progressent fortement autour de Butembo, Katwa et Beni. Le nombre hebdomadaire de nouveaux cas est passé d’environ 100 à plus de 200 en deux semaines.
Selon les données arrêtées à cette date, le Nord-Kivu totalisait 1 269 cas confirmés, dont 555 recensés pendant les 21 jours précédents. La province représentait également près de 45 % de tous les cas signalés en RDC au cours de la semaine écoulée.
Cette accélération constitue le principal obstacle à l’idée d’un pic national déjà franchi. Une diminution portée par l’Ituri peut faire baisser la moyenne générale alors qu’un autre foyer entre dans une phase de croissance rapide. Le recul apparent ne signifie donc pas encore que le virus perd du terrain partout.
Une extension géographique toujours possible
D’autres provinces imposent la même vigilance. Le Tshopo continue de rapporter des cas sporadiques, principalement importés, tandis que le Haut-Uélé enregistre une transmission locale estimée entre 30 et 40 nouveaux cas par semaine. La confirmation récente d’un cas au Sud-Ubangi rappelle aussi que la forte mobilité des populations peut ouvrir de nouvelles chaînes de transmission.
Deux indicateurs restent particulièrement préoccupants : la proportion de décès survenant dans les communautés, hors des structures de soins, et le taux de positivité des tests. Selon l’OMS, aucun des deux ne montre encore l’amélioration attendue. Or, les décès communautaires peuvent révéler des malades détectés trop tard, tandis qu’une positivité élevée suggère que la circulation du virus demeure importante.
Maintenir la pression malgré les progrès
L’enjeu n’est donc plus seulement de faire reculer Ebola dans les premiers foyers. Il faut empêcher que l’épidémie se déplace d’une province à l’autre et que les gains obtenus conduisent à un relâchement prématuré.
Les Nations Unies estiment que la riposte restera difficile et coûteuse pendant plusieurs mois. Elles appellent à renforcer les financements, les équipes médicales, la surveillance et l’acheminement du matériel dans les zones touchées ou menacées.
Le véritable tournant ne pourra être annoncé qu’après une baisse durable et simultanée dans les principaux foyers, accompagnée d’une diminution de la positivité des tests et des décès communautaires. Pour l’instant, la RDC observe une inflexion fragile, pas encore la fin de la poussée épidémique.
La Rédaction
Sources : ONU Info, « Ebola en RDC : des signes de recul, mais le pic reste incertain », 15 septembre 2026 ; OMS Afrique, « The air support behind Ebola response in the Democratic Republic of the Congo », 15 septembre 2026

