Au Africa Food Systems Forum 2026, la question n’est plus seulement de savoir comment intégrer davantage les femmes dans l’agriculture africaine. Ce jeudi 3 septembre à Kigali, plusieurs sessions doivent pousser le débat plus loin : comment leur donner davantage accès au financement, aux marchés, à la recherche et aux responsabilités nécessaires pour diriger la transformation des systèmes alimentaires du continent ?
Réuni du 1er au 4 septembre 2026 au Kigali Convention Centre, au Rwanda, le forum célèbre cette année sa 20e édition. Plus de 5 000 participants issus de plus de 50 pays sont attendus autour du thème « Investing in Africa’s Agri-Food Systems », avec un programme centré notamment sur le financement, la sécurité alimentaire, la résilience climatique, l’innovation numérique et le commerce agricole.
Investir dans celles qui transforment déjà l’agriculture
Parmi les rendez-vous programmés ce jeudi figure « Women Transforming Africa’s Food Systems », une session consacrée aux solutions déjà portées par des agricultrices, entrepreneures agricoles, transformatrices, chercheuses et innovatrices africaines.
Organisée par l’Africa Enterprise Challenge Fund (AECF), AWARD, la FAO et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), elle doit mettre en avant des initiatives ayant déjà produit des résultats et examiner les conditions nécessaires pour les développer à plus grande échelle.
Une autre réflexion, intitulée « Beyond Recognition: Investing in Women as Food Systems Leaders », doit précisément déplacer le débat de la reconnaissance vers l’investissement. Financement des entreprises, accompagnement entrepreneurial, accès aux marchés, recherche et politiques publiques figurent parmi les leviers étudiés pour permettre aux femmes de devenir non seulement bénéficiaires, mais aussi décideuses et dirigeantes de la transformation agroalimentaire.
Un enjeu de financement et de marchés
Cette orientation rejoint l’un des principaux défis des systèmes alimentaires africains. Les femmes occupent une place considérable dans la production, la transformation et le commerce des produits agricoles, mais leur capacité à développer leurs activités reste souvent conditionnée par l’accès au capital, aux technologies, aux réseaux commerciaux et aux dispositifs d’accompagnement.
Le forum veut donc mettre l’accent sur des modèles capables de franchir cette étape : transformer une activité productive en entreprise viable, connecter les entrepreneures à de nouveaux marchés et rendre les investissements davantage accessibles aux projets dirigés par des femmes.
Le thème s’inscrit pleinement dans les cinq piliers retenus pour l’édition 2026, parmi lesquels figurent l’investissement et la finance, les chaînes de valeur, le commerce intra-africain et l’amélioration de l’accès aux marchés.
De l’inclusion au leadership
La journée du 3 septembre est officiellement consacrée au leadership et au commerce, mais la présence de ces sessions féminines lui donne une dimension particulière. Le message défendu est que la transformation des systèmes alimentaires ne pourra pas reposer uniquement sur une augmentation de la production : elle dépendra aussi de ceux et celles qui contrôlent les entreprises, les capitaux, les innovations et l’accès aux marchés.
À Kigali, le changement de perspective est donc significatif. Il ne s’agit plus simplement de demander davantage de place pour les femmes dans les systèmes alimentaires africains, mais de déterminer comment leur donner les moyens économiques de les diriger.
La Rédaction

