Le président de la Transition, Michaël Randrianirina, a décrété une journée de deuil national pour le vendredi 24 juillet afin d’honorer la mémoire des victimes de la série d’enlèvements et d’assassinats qui secoue Madagascar depuis plusieurs semaines. Cette décision intervient alors que les autorités intensifient les enquêtes et dénoncent des actes destinés à déstabiliser le pays.
Un hommage national aux victimes
Selon la décision présidentielle, la journée du 24 juillet sera chômée et payée sur l’ensemble du territoire malgache. Les drapeaux seront mis en berne en hommage aux victimes des enlèvements et des assassinats qui ont profondément marqué l’opinion publique.
Dans le texte officiel, la présidence évoque des crimes « orchestrés dans le but de déstabiliser l’État malgache », reprenant ainsi la thèse avancée depuis plusieurs jours par les autorités.
Quelques semaines plus tôt, Michaël Randrianirina avait déjà qualifié cette vague de violences de « terrorisme », promettant une réponse ferme de l’État.
Une multiplication des affaires
Le parquet d’Antananarivo fait état d’une nette recrudescence des enlèvements depuis le début du mois de juillet.
La procureure générale près le tribunal de première instance de la capitale, Narindra Rakotoniaina, a indiqué qu’une dizaine de dossiers concernant des enlèvements d’enfants et d’adultes avaient été ouverts au cours de cette période. Huit mineurs figurent parmi les victimes recensées.
Les investigations menées jusqu’à présent ont conduit au déferrement de seize suspects devant le parquet. Onze d’entre eux ont été placés en détention provisoire dans les prisons d’Antanimora et de Tsiafahy en attendant la poursuite de la procédure judiciaire.
Les autorités renforcent la riposte
Lors d’une conférence de presse réunissant plusieurs membres du gouvernement, les autorités ont dressé un état des lieux de la situation sécuritaire.
Au total, près de 200 disparitions auraient été signalées à travers le pays. Selon le gouvernement, 175 personnes ont été retrouvées vivantes, six ont été retrouvées mortes et dix-neuf restent toujours portées disparues.
Face à cette situation, l’exécutif annonce la création d’un centre opérationnel dédié à la lutte contre les enlèvements. Un système de récompenses sera également mis en place afin d’encourager toute personne susceptible de fournir des informations utiles aux enquêteurs.
Une inquiétude qui gagne tout le pays
Initialement concentrée dans la capitale Antananarivo, cette vague de violences s’étend désormais à plusieurs régions de Madagascar.
Ces derniers jours, des adultes figurent également parmi les victimes. Deux personnes ont notamment été retrouvées mortes à Antananarivo et à Fianarantsoa après avoir été signalées disparues par leurs proches.
Cette évolution alimente un profond sentiment d’insécurité au sein de la population et accentue la pression sur les autorités, appelées à rétablir la confiance dans les institutions chargées de garantir la sécurité publique.
Au-delà de la réponse judiciaire, le deuil national décrété par le président traduit la gravité de la crise que traverse actuellement Madagascar, où la lutte contre les enlèvements est devenue l’une des principales priorités de l’État.
La Rédaction

