Les États-Unis affichent leur soutien à la décision du Mali de quitter la Cour pénale internationale (CPI), une position qui conforte les choix déjà annoncés par les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette convergence intervient alors que la juridiction de La Haye fait face à des critiques croissantes sur son fonctionnement et sa légitimité.
Les relations entre Washington et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) connaissent un nouveau point de convergence. Les États-Unis ont salué la décision du Mali d’engager son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), à l’occasion d’un entretien entre le secrétaire d’État adjoint américain, Garcia, et le ministre malien des Affaires étrangères.
Selon un communiqué américain, cette décision relève de la souveraineté de chaque État. Washington a également réaffirmé sa volonté de poursuivre sa coopération avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger sur les questions de sécurité régionale ainsi que sur d’autres dossiers d’intérêt commun.
Une position qui rejoint celle de l’AES
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient annoncé en septembre 2025 leur intention de quitter le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI. En juin 2026, les trois États ont officiellement notifié leur retrait au Secrétaire général des Nations unies.
Conformément au Statut de Rome, cette décision ne prendra effet qu’un an après cette notification.
Les autorités des trois pays estiment que la Cour applique une justice sélective et dénoncent une instrumentalisation politique de l’institution, des critiques reprises par les autorités américaines.
Un retrait aux effets limités
Créée en 2002 et basée à La Haye, la Cour pénale internationale est chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne souhaitent pas agir.
Le retrait d’un État ne met toutefois pas fin aux procédures déjà engagées. Les enquêtes ouvertes avant la date effective du retrait demeurent de la compétence de la Cour.
Dans le cas du Mali, l’enquête ouverte en 2013 sur des crimes présumés commis dans le contexte du conflit armé se poursuivra indépendamment du retrait annoncé.
Une pression politique croissante sur la CPI
Le soutien affiché par Washington intervient dans un contexte délicat pour la Cour pénale internationale. Ces derniers mois, les États-Unis ont multiplié les critiques contre l’institution, contestant notamment sa compétence dans certaines affaires impliquant des responsables américains ou israéliens.
L’appui apporté aux décisions du Mali, du Burkina Faso et du Niger illustre ainsi une contestation plus large de la CPI, alors que plusieurs États remettent en cause son impartialité et son fonctionnement.
Pour autant, la Cour conserve sa compétence sur les procédures déjà ouvertes et continue d’exercer son mandat auprès des États qui demeurent parties au Statut de Rome.
La Rédaction
Sources et références
- Département d’État des États-Unis.
- Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
- Organisation des Nations unies.

