Les autorités de la région semi-autonome du Puntland accusent le gouvernement central d’orchestrer des livraisons clandestines d’armes visant à déstabiliser le Nord-Est. Une confrontation qui s’inscrit dans un contexte de crise politique prolongée et de fragilisation du modèle fédéral somalien.
La fracture entre Mogadiscio et le Puntland s’accentue dangereusement. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme publié mercredi, le ministère de la Sécurité de la région semi-autonome accuse le gouvernement fédéral somalien de mener des opérations clandestines d’acheminement d’armes sur son territoire.
Selon les autorités régionales, ces flux auraient pour objectif d’attiser les rivalités locales et de provoquer des tensions interclaniques, dans une zone déjà marquée par des équilibres sécuritaires fragiles.
Une accusation de déstabilisation coordonnée
Le Puntland affirme que cette stratégie s’inscrirait dans une entreprise plus large de déstabilisation, impliquant des acteurs politiques locaux ainsi que d’anciens responsables administratifs alignés sur Mogadiscio. Le communiqué évoque également, sans les identifier, la participation de « partenaires étrangers », renforçant la gravité des accusations portées contre le pouvoir central.
Dans cette logique, l’objectif serait de fragmenter l’autorité régionale en armant certains groupes communautaires afin de les opposer les uns aux autres.
En réponse, les autorités du Puntland ont décidé de restreindre l’accès à leur territoire à toutes les forces de sécurité fédérales ainsi qu’aux représentants nommés par le gouvernement central, actant une rupture administrative de facto.
Une crise institutionnelle sur fond de vide politique
Cette montée des tensions intervient dans un climat national déjà fortement dégradé. L’expiration du mandat de l’administration fédérale, intervenue le 15 mai 2026, a ravivé les contestations autour de la légitimité des institutions et du calendrier politique.
Ce contexte alimente les crispations entre Mogadiscio et plusieurs États membres de la fédération, dans un pays où le modèle fédéral demeure sous tension permanente depuis des années.
Médiations internationales et inquiétudes régionales
Face à cette détérioration rapide de la situation, des voix s’élèvent pour appeler à une implication plus large de la communauté internationale. Le Future Council, principal bloc d’opposition somalien, plaide pour une médiation multilatérale afin d’éviter toute appropriation exclusive du processus de dialogue par un acteur unique.
Parallèlement, plusieurs sources diplomatiques font état d’une intensification des efforts de médiation menés par la Turquie, déjà très présente dans les dynamiques politiques somaliennes. Ankara chercherait à faciliter un rapprochement entre l’administration du président Hassan Sheikh Mohamud et les forces d’opposition, dans l’objectif d’éviter une aggravation de la crise institutionnelle.
La Rédaction

