Un recul stratégique dans le Sud-Kivu
Dans l’est de la République démocratique du Congo, le mouvement rebelle AFC/M23 a amorcé un retrait de plusieurs positions dans la province du Sud-Kivu, selon des sources militaires congolaises et un responsable du groupe armé. Ce repositionnement intervient dans une zone où les lignes de front restent instables, notamment sur l’axe reliant Uvira à Bukavu.
Pressions militaires et diplomatiques combinées
D’après l’armée congolaise, ce repli résulte d’une double pression : d’une part les opérations militaires menées par les forces gouvernementales, et d’autre part une intensification de la pression diplomatique internationale, en particulier celle des États-Unis. Les combattants auraient quitté Kabunambo, au nord d’Uvira, pour se repositionner vers Luvungi, plus au nord en direction de Bukavu.
Une ligne de front encore mouvante
Ce mouvement s’inscrit dans une séquence plus large d’instabilité dans l’est du Congo. Le M23 avait déjà brièvement pris le contrôle d’Uvira en décembre avant de s’en retirer sous pression militaire et diplomatique. Depuis, les positions sur le terrain évoluent par à-coups, sans stabilisation durable du front.
Une pression diplomatique renforcée des États-Unis
Sur le plan diplomatique, Washington multiplie les initiatives de médiation et les signaux de fermeté. L’imposition récente de sanctions américaines visant l’ancien président Joseph Kabila, accusé de liens avec l’AFC/M23 — des accusations qu’il rejette — a contribué à durcir le climat politique autour du conflit.
Dans une lettre adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio, le coordinateur politique du mouvement, Corneille Nangaa, met en cause la crédibilité de la médiation américaine, évoquant notamment les relations économiques entre Washington et Kinshasa dans le secteur minier.
Retour progressif des civils et tensions régionales
Sur le plan humanitaire, certains déplacements de populations commencent à s’inverser. Des habitants ayant fui les violences vers le Burundi voisin reviennent progressivement dans certaines zones du Sud-Kivu, selon des acteurs de la société civile à Uvira. La situation reste toutefois fragile, en raison de l’instabilité persistante.
Le Rwanda, régulièrement accusé par les Nations unies et plusieurs États occidentaux de soutenir le M23, continue de nier toute implication. Ces accusations alimentent des tensions diplomatiques récurrentes dans la région des Grands Lacs, où les enjeux sécuritaires restent étroitement liés aux rivalités politiques régionales.
La Rédaction

