Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement critiqué, samedi à Barcelone, les mécanismes actuels de gouvernance internationale, en particulier le fonctionnement du Conseil de sécurité des Nations unies et les décisions unilatérales de certaines puissances.
S’exprimant lors d’un sommet réunissant plusieurs dirigeants progressistes, il a défendu une vision du multilatéralisme fondée sur des règles partagées, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une dérive du système international dominé par quelques États.
Une critique frontale des équilibres de puissance
Dans son intervention, Luiz Inácio Lula da Silva a mis en cause la concentration du pouvoir décisionnel au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, estimant que ses membres permanents agissent trop souvent sans concertation réelle avec le reste de la communauté internationale.
Il a également dénoncé la capacité de certains dirigeants à influencer l’agenda mondial de manière unilatérale, dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques accrues et une fragmentation des normes internationales.
Le cas sud-africain au centre des tensions
Au cœur de cette prise de position figure la décision d’écarter l’Afrique du Sud du prochain sommet du G20 prévu aux États-Unis. Cyril Ramaphosa est directement concerné par cette exclusion, vivement contestée par plusieurs dirigeants présents au sommet de Barcelone.
Pour Lula, cette décision illustre une dérive où l’accès aux grandes instances de gouvernance économique mondiale dépendrait davantage de considérations politiques que de règles institutionnelles clairement établies.
Un front progressiste en quête d’influence
Le sommet de Barcelone a réuni plusieurs dirigeants et responsables politiques, dont la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et le président colombien Gustavo Petro, autour de l’idée d’un renforcement des espaces de coopération dits progressistes.
L’objectif affiché est de structurer un contrepoids politique face aux grandes puissances occidentales, dans un contexte de recomposition des équilibres internationaux.
Une contestation du fonctionnement du G20
La critique ne vise pas uniquement le cas sud-africain. Elle s’inscrit dans une remise en question plus large du fonctionnement du G20, perçu par certains participants comme insuffisamment représentatif des réalités géopolitiques actuelles.
Pour Lula et ses homologues, la gouvernance mondiale reste trop concentrée et insuffisamment ouverte aux pays émergents ou aux puissances régionales.
Un débat relancé sur la gouvernance mondiale
Au-delà des prises de position politiques, cette séquence met en lumière un débat plus profond sur la légitimité des institutions internationales et leur capacité à intégrer les nouvelles dynamiques de puissance.
Dans un système mondial de plus en plus fragmenté, la question de la représentativité des instances comme le G20 ou le Conseil de sécurité de l’ONU apparaît à nouveau centrale.
En défendant l’Afrique du Sud et en critiquant le fonctionnement des institutions internationales, Luiz Inácio Lula da Silva cherche à repositionner les pays émergents au cœur du débat sur la gouvernance mondiale.
Une prise de position qui illustre les tensions croissantes autour de la légitimité des cadres multilatéraux existants et des équilibres de pouvoir qui les sous-tendent.
La Rédaction

