Depuis le 10 janvier, un message inédit résonne à la fin de la prière du vendredi dans les mosquées affiliées à la Grande Mosquée de Paris (GMP). À l’initiative du recteur Chems-Eddine Hafiz, les imams appellent désormais à la paix et à la prospérité de la France dans une invocation solennelle :
“Ô Allah, préserve la France, son peuple et les institutions de la République. Fais de la France un pays prospère, sûr et paisible, où la communauté nationale, dans sa diversité, ses différentes religions, ses convictions et ses croyances, cohabitent dans la sécurité et la paix.”
Cette décision symbolique, qui intervient dans un contexte de tensions politiques entre Paris et Alger, vise à renforcer l’engagement des musulmans de France envers les valeurs républicaines, à l’aube des 120 ans de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
Une invocation pour la paix et la laïcité
Pour Chems-Eddine Hafiz, cette initiative incarne l’attachement des musulmans de France à la République et à ses principes fondateurs. “La laïcité a offert à l’islam un cadre d’égalité avec les autres confessions, et cet équilibre doit être préservé”, explique-t-il, tout en appelant à dépasser les discours de division.
Les fidèles accueillent cette démarche avec enthousiasme. “C’est un message universel, un appel au respect et à la paix”, confie une femme à la sortie de la Grande Mosquée de Paris. Une autre ajoute : “Cette prière montre que nous sommes unis pour un avenir commun, malgré nos différences d’origine ou de religion.”
Un geste dans un climat tendu
Cette initiative intervient alors que les relations franco-algériennes sont marquées par des crispations. L’Algérie a récemment refusé de recevoir un influenceur accusé de propos haineux en France, déclenchant une nouvelle vague de polémiques. Le recteur de la GMP insiste sur la nécessité de ne pas céder aux amalgames :
“L’islam condamne toute forme de violence. Les discours haineux ou les appels à la division n’ont aucune place dans nos valeurs religieuses”, affirme-t-il.
Chems-Eddine Hafiz rappelle également que la Grande Mosquée de Paris n’appartient pas à une nationalité particulière. “C’est une mosquée française ouverte à tous, quelles que soient les origines ou les croyances des fidèles. Nous devons rejeter les stéréotypes qui stigmatisent l’islam.”
Un appel à l’unité nationale
En réaffirmant l’engagement des musulmans envers la République, cette invocation aspire à dépasser les divisions et à encourager le vivre-ensemble. Les fidèles se disent prêts à porter ce message de paix dans leur quotidien.
“On ne peut pas juger une communauté entière à cause des actes isolés de quelques individus”, souligne une fidèle. “Ce genre d’initiative rappelle que nos valeurs communes sont plus importantes que nos différences.”
Une prière porteuse d’espoir
En ajoutant “Allah” à une invocation pour la France, la Grande Mosquée de Paris envoie un message clair : foi et République ne s’opposent pas, mais peuvent se conjuguer pour renforcer la paix et la solidarité nationale.
Dans une période de tensions, ce geste symbolique montre que la diversité de la France peut aussi être sa force, pour peu que chacun s’engage à bâtir des ponts plutôt que des murs.
La Rédaction

