La guerre commerciale entre les États-Unis et le Mexique a connu un brusque retournement. À peine Washington avait-il imposé une taxe de 25 % sur les importations mexicaines que Mexico obtenait une suspension temporaire. Mais cette pause, d’un mois seulement, ne vient pas sans contrepartie.
Un coup de pression économique
Le 1er février 2025, l’administration américaine a frappé fort en instaurant des droits de douane supplémentaires sur les produits mexicains. Officiellement, cette décision visait à sanctionner l’inefficacité perçue de Mexico dans la lutte contre le trafic de fentanyl, une drogue de synthèse qui ravage les États-Unis.
Mais derrière cet argument sécuritaire, la manœuvre avait aussi une portée politique et économique. L’industrie mexicaine, devenue un pilier du commerce nord-américain grâce à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), se voyait brutalement freinée. Automobile, agroalimentaire, textile… Tous les secteurs de l’économie mexicaine se retrouvaient sous la menace d’une crise brutale, risquant d’affecter en retour les consommateurs américains.
Un accord sous haute surveillance
Face à la levée de boucliers du gouvernement mexicain et des industriels des deux côtés de la frontière, la pression est montée. Le 3 février, la présidente mexicaine a annoncé un accord avec Washington : la suspension temporaire des droits de douane, mais sous condition.
En contrepartie, le Mexique s’engage à renforcer sa coopération sécuritaire, notamment en déployant 10 000 agents de la Garde nationale à sa frontière nord. Objectif affiché : traquer les trafiquants de fentanyl et mieux contrôler les flux migratoires clandestins, un autre point de crispation majeur avec les États-Unis.
Un répit fragile
Cette trêve d’un mois ressemble plus à un sursis qu’à une véritable résolution du conflit. Washington pourrait réactiver les taxes à tout moment si les engagements de Mexico ne sont pas jugés satisfaisants.
Ce bras de fer illustre une fois de plus la complexité des relations entre les deux voisins. À la croisée des intérêts économiques et des enjeux de sécurité, le Mexique joue une partie délicate. D’un côté, il doit apaiser la pression américaine, de l’autre, préserver sa souveraineté et la stabilité de son économie.
D’ici mars, les regards resteront rivés sur la frontière. Cette suspension des droits de douane tiendra-t-elle ? Ou assistera-t-on à une nouvelle escalade commerciale entre les deux nations ?
La Rédaction

