La Confédération des États du Sahel accuse le Parlement européen d’ingérence et réaffirme sa souveraineté face aux pressions extérieures
La Confédération des États du Sahel (AES) a récemment exprimé sa vive indignation après l’adoption, par le Parlement européen, d’une résolution consacrée à la situation de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État de 2023. Dans un communiqué officiel, l’organisation régionale dénonce une initiative qu’elle considère comme une intrusion dans les affaires internes d’un État souverain.
Une réaction politique ferme
L’AES qualifie la résolution européenne d’« ingérence grave, concertée et délibérée », estimant qu’elle remet en cause les principes fondamentaux de souveraineté et de non-intervention. Cette position s’inscrit dans la ligne politique affirmée par l’organisation, qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger, et qui revendique une autonomie accrue dans la gestion de ses affaires internes.
Au-delà de la forme, le communiqué critique également le fond du texte adopté par les eurodéputés, accusés de privilégier une lecture partielle de la situation au Niger. L’AES évoque notamment une « sélectivité malveillante », reprochant au Parlement européen de ne pas accorder la même attention à d’autres crises ou violations du droit international, en particulier dans le contexte sécuritaire du Sahel.
Une lecture géopolitique assumée
L’organisation sahélienne va plus loin en suggérant que cette résolution s’inscrit dans une logique de défense d’intérêts « économiques et géostratégiques inavoués ». Elle y voit le prolongement de rapports historiques marqués par des influences extérieures, qu’elle associe à un passé colonial désormais rejeté.
Dans cette perspective, l’AES affirme ne recevoir « ni injonctions, ni leçons de gouvernance », appelant les institutions européennes à se concentrer sur leurs propres défis internes. Cette posture traduit une volonté claire de redéfinir les relations entre les États sahéliens et leurs partenaires internationaux.
Une affirmation de souveraineté régionale
Signé par le président en exercice de l’AES, le capitaine Ibrahim Traoré, également chef de l’État du Burkina Faso, le communiqué insiste sur le décalage entre la position européenne et les dynamiques politiques en cours dans l’espace sahélien.
L’organisation conclut en affirmant que cette résolution « ne saurait en aucun cas influencer sa marche », réaffirmant ainsi sa détermination à poursuivre son agenda politique de manière indépendante. Une déclaration qui illustre le durcissement du ton entre certaines capitales sahéliennes et leurs partenaires européens, dans un contexte de recomposition des équilibres diplomatiques.
La Rédaction

