À Lomé, la Résolution 2250 devient un levier stratégique pour anticiper les conflits et renforcer la cohésion sociale.
Adoptée en 2015 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, la Résolution 2250 a marqué un tournant dans la reconnaissance du rôle des jeunes dans les processus de paix. Dix ans plus tard, au Togo, ce texte international quitte le champ des principes pour entrer dans celui de l’action concrète, au cœur des politiques publiques dédiées à la prévention des conflits.
À Lomé, les autorités togolaises ont engagé un dialogue structurant avec les organisations de la société civile, dans une démarche visant à repositionner la jeunesse et les femmes comme acteurs à part entière de la stabilité nationale. L’initiative, portée par le ministère en charge de la Jeunesse, s’inscrit dans un partenariat étroit avec le Système des Nations Unies et l’Organisation internationale de la Francophonie, avec l’appui du WANEP-Togo.
Anticiper plutôt que réparer
L’enjeu est clair : renforcer les mécanismes d’alerte précoce et de médiation communautaire en s’appuyant sur les capacités des jeunes et des femmes, souvent en première ligne face aux tensions sociales. En misant sur leur participation directe, les autorités entendent consolider une approche préventive des conflits, fondée sur le dialogue, l’inclusion et la cohésion sociale.
Les échanges ont permis de dégager des orientations concrètes pour une implication plus structurée des jeunes dans les processus décisionnels liés à la paix, notamment au niveau local. Une démarche qui répond aux réalités du terrain, où les dynamiques communautaires jouent un rôle déterminant dans la stabilité durable.
Jeunesse et femmes, piliers de la cohésion sociale
Au-delà de la jeunesse, la rencontre a mis en lumière la complémentarité entre les agendas « Jeunesse, Paix et Sécurité » et « Femmes, Paix et Sécurité ». Ces deux cadres internationaux sont désormais perçus comme indissociables dans la construction d’une paix inclusive et résiliente.
En ouvrant cet espace d’expression, les autorités et leurs partenaires ont souhaité permettre aux jeunes leaders et aux femmes engagées de formuler des propositions adaptées aux défis contemporains, tout en renforçant leur rôle dans la gestion pacifique des différends et la prévention des violences.
La société civile comme force d’ancrage
Pour le WANEP-Togo, cette concertation illustre la montée en puissance d’une coopération tripartite entre l’État, la société civile et les partenaires internationaux. Son président, Seyram Adiakpo, a souligné l’importance de cette synergie pour traduire les engagements internationaux en actions tangibles sur le terrain.
À travers ce dialogue, Lomé pose ainsi les bases d’une gouvernance de la paix plus participative, où la société civile devient un relais essentiel entre les institutions et les communautés.
Une traduction nationale de la Résolution 2250
En plaçant la jeunesse au centre de sa stratégie de prévention des conflits, le Togo affirme sa volonté de faire de la Résolution 2250 un outil opérationnel, adapté aux réalités nationales. Ce positionnement marque une étape importante dans l’appropriation locale des cadres internationaux, en donnant une voix à celles et ceux appelés à façonner l’avenir du pays.
À Lomé, la paix ne se pense plus seulement au sommet des institutions. Elle se construit désormais avec sa jeunesse.
La Rédaction

