Lomé n’aura pas le temps de refermer le dossier ProDeG que déjà se dessine, en coulisses, un modèle inédit de gouvernance territoriale. À partir de février 2026, l’Allemagne et le Togo mettront en orbite un nouveau programme, plus ambitieux et plus structurant : « Développement territorial intégré et bonne gouvernance ». Non pas une simple suite, mais une refonte stratégique.
Fin du ProDeG : l’heure du bilan… et des nouvelles ambitions
Récemment, lors de la cérémonie de clôture de la 4ᵉ phase du ProDeG à Lomé, le climat semblait moins celui des adieux que celui d’un passage de flambeau. Après douze ans de soutien continu à la décentralisation, l’Allemagne, par l’entremise de la GIZ, n’entend pas quitter la table : elle veut changer de dimension.
Le ProDeG entrera officiellement dans l’Histoire administrative du Togo le 31 janvier 2026. Ce projet a accompagné la mise en place des communes, renforcé la transparence locale, amélioré les compétences municipales et instauré une culture de participation citoyenne.
Un projet qui promet plus qu’une continuité
Le futur programme ne se contentera pas de protéger les acquis : il ambitionne d’orchestrer une gouvernance « intégrée ». En clair, il ne s’agira plus uniquement d’accompagner la décentralisation, mais de transformer la relation entre l’État central, les municipalités et les territoires.
Objectif : faire du développement local un levier national, et non un simple chapitre politique.
L’ambassadeur d’Allemagne au Togo, Claudius Fischbach, a d’ailleurs levé l’ambiguïté avec des mots lourds de sens :
« La clôture du ProDeG IV n’est pas un désengagement »
« Notre coopération se poursuivra dans la décentralisation comme dans d’autres secteurs prioritaires »
2013 – 2026 : une coopération transformée en pilier
Depuis 2013, l’appui allemand n’a pas été un apport financier classique. Il a participé à façonner les institutions locales, introduire des standards de gestion publique et impulser un mouvement citoyen rarement égalé dans la sous-région. Avec le nouveau programme, cette dynamique pourrait devenir un modèle exportable en Afrique de l’Ouest.
L’enjeu n’est plus uniquement de décentraliser, mais de territorialiser durablement l’action publique.
Décentralisation : le Togo face à son test de maturité
Au-delà de l’aide extérieure, c’est désormais au pays d’assumer un rôle plus proactif. Le nouveau programme pourrait constituer un tournant décisif : celui où les communes cessent d’être de simples exécutants locaux et deviennent des centres de stratégie, de développement et d’innovation territoriale.
Un défi immense. Mais une opportunité historique.
La Rédaction

