Alors que le continent africain reste riche en ressources pétrolières, de nombreux pays producteurs font face à un paradoxe : malgré d’importantes quantités de pétrole brut extraites chaque jour, ils doivent importer du carburant pour satisfaire leurs besoins domestiques. Cette situation révèle des enjeux économiques, sociaux et environnementaux majeurs.
L’Angola illustre parfaitement ce paradoxe. Le pays produit environ un million de barils par jour, mais sa seule raffinerie historique ne couvre que 28 % de la demande intérieure. Une nouvelle raffinerie inaugurée récemment à Cabinda permettra de répondre à environ 40 % des besoins, le reste devant toujours être importé. Des experts qualifient ce projet de « politique », destiné à apaiser la population sans résoudre les véritables besoins sociaux.
Le Nigeria, premier producteur africain, connaît le même problème. Avec une capacité de raffinage limitée par rapport à sa production, il dépend encore largement des importations de carburant. Pour y remédier, Aliko Dangote a lancé une raffinerie de 20 milliards de dollars en 2024 afin de couvrir une part plus importante de la demande locale.
Le Ghana et d’autres pays tentent également de renforcer leurs capacités locales : le Ghana double la capacité de sa raffinerie de Sentuo, tandis que l’Angola prévoit de construire d’autres raffineries à Lobito et Soyo.
Cependant, ces efforts soulèvent des critiques lors des discussions sur le climat. L’augmentation de la consommation intérieure de combustibles fossiles contribue à la crise climatique, et certains observateurs estiment que cela affaiblit la position africaine dans les négociations internationales : le continent, qui a peu contribué à la crise, paie pourtant le prix fort et réclame des financements pour l’atténuation et l’adaptation.
En résumé, l’Afrique pétrolière se retrouve dans une situation délicate : comment tirer profit de ses ressources tout en répondant aux besoins domestiques et en préparant la transition énergétique mondiale ? L’exemple de l’Angola n’est qu’un reflet d’un défi partagé par plusieurs nations du continent.
La Rédaction

