Dans le centre du Mali, la région de Ségou vit des heures sombres. Après une série d’attaques menées par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), des centaines de civils fuient leurs localités, laissant derrière eux maisons, champs et bétails.Un climat de peur généraliséUne semaine après l’assaut contre Farabougou et plusieurs positions de l’armée, les jihadistes continuent de contrôler la zone. Selon des témoins, ils paradent dans les villages conquis, exhibant des armes et des équipements militaires saisis. L’armée malienne, absente depuis ces attaques, n’a pas encore lancé de contre-offensive visible, laissant les populations locales désemparées.Un déplacement massif de populationsÀ Farabougou et dans les villages voisins, les habitants prennent la fuite dans la précipitation. Beaucoup se dirigent vers Dogofry, jugée plus sûre, bien que les capacités d’accueil y soient très limitées.Les municipalités, déjà fragiles, peinent à gérer l’afflux. Certains déplacés trouvent refuge chez des proches, tandis que d’autres dorment dans la cour des mairies, dans des conditions précaires.Des autorités locales impuissantesFace à cette situation, les élus locaux tirent la sonnette d’alarme. Ils réclament une riposte rapide des forces armées afin de rassurer les populations et de contenir l’expansion jihadiste. Mais sur le terrain, l’absence de l’État et le silence militaire alimentent un sentiment d’abandon.Un nouvel épicentre de la crise sécuritaireLa région de Ségou rejoint désormais Mopti et Gao parmi les zones les plus affectées par les violences jihadistes. Ce déplacement massif de populations illustre la fragilité sécuritaire du centre du Mali, où les civils, pris en étau entre les groupes armés et l’inaction de l’État, paient le plus lourd tribut.
La Rédaction

