Une région fragilisée par la guerre et les violences
La région d’Oromia, la plus vaste et peuplée d’Éthiopie avec près de 40 millions d’habitants, est depuis plusieurs années le théâtre de combats intenses entre l’armée fédérale et l’Armée de libération oromo (OLA). Selon un récent rapport d’Amnesty International, des civils ont été victimes de graves exactions, y compris des violences sexuelles de masse et des actes ciblant des enfants, qui pourraient constituer des crimes de guerre.
Des témoignages accablants
L’ONG a recueilli des témoignages directs de survivantes dans plusieurs districts. Certaines étaient mineures au moment des faits. Des professionnels de santé ont été consultés pour corroborer les récits. Selon Amnesty, plusieurs femmes auraient été retenues en esclavage sexuel, et certaines seraient tombées enceintes à la suite des violences.
Une mère raconte la captivité de sa famille : « Pendant trois semaines, quinze hommes nous ont violées, mon enfant et moi. Ils se relayaient », témoigne-t-elle. Les victimes auraient été attachées et agressées de manière répétée, illustrant l’extrême brutalité des assauts.
L’impunité et le blackout de l’information
La directrice régionale d’Amnesty pour l’Afrique de l’Est, Tigere Chagutah, souligne que ces crimes ont été rendus possibles par un isolement informationnel, empêchant toute alerte internationale. Les violences semblent aussi liées à la participation de proches des victimes dans les forces gouvernementales, des représailles ayant été signalées dans plusieurs cas.
Une situation qui interroge la stabilité nationale
L’Éthiopie reste profondément fragilisée après la guerre du Tigré, qui a fait au moins 600 000 morts selon l’Union africaine. D’autres zones, comme la région d’Amhara, connaissent encore des combats entre forces fédérales et groupes rebelles depuis 2023, laissant des centaines de milliers de déplacés dans des conditions précaires.
Amnesty appelle à l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour traduire les responsables en justice, dénonçant un climat d’impunité et soulignant l’urgence d’une action humanitaire et sécuritaire pour protéger les populations civiles.
La Rédaction

